mardi , 21 mars 2023

Après le Kif, la cocaïne veut envahir le marché…

Durant les dernières semaines de l’année 2019 écoulée, l’actualité locale a été marquée par l’arrestation de plusieurs groupes de trafiquants de drogue et la saisie d’importantes quantités de cocaïne lors de différentes opérations menées par les services de police de la Wilaya d’Oran. C’est notamment à partir du port et de l’aéroport d’Oran que l’on a enregistré un fort taux d’augmentation du trafic et des quantités de drogue dure saisies, le plus souvent , plus d’un kilogramme de cocaïne à chaque intervention des services concernés. Et selon les observateurs, c’est la filière du trafic par voie maritime qui semble la plus privilégiée par les réseaux de trafiquants. Au début du mois de Décembre de l’an dernier, 1,5 Kg de cocaïne a été découvert au milieu d’une cargaison de bananes, et un autre Kilo saisi quelques heures plus tard, «caché» dans les poches d’un marin qui s’apprêtait à quitter le port. 1 Kg de cocaïne pure qui, une fois «coupée» et «conditionnée» peut rapporter au dealer plus de 15 000 DA le gramme, soit la coquette somme de 15 millions de dinars. Et on se souvient évidement de la grosse affaire des 700 kg de cocaïne introduits par le port d’Oran depuis longtemps utilisé par ces narcotrafiquants. Il faut également noter la vigilance et la ténacité des membres des services de police qui ne cessent depuis ces derniers mois de saisir ici et là de petites quantités de drogue dure, de 10 à 20 grammes de cocaïne, et de procéder à l’arrestation des dealers en activité. Il y a quelques jours encore, un réseau de 5 narcotrafiquants a été démantelé par les éléments de la Brigade de recherche et d’investigation (BRI 1), relevant de la police judiciaire de la Sûreté d’Oran et une quantité de 1, 327 kg de cocaïne a été saisie. Cette hausse alarmante des saisies de cocaïne inquiète au plus haut point les observateurs avisés qui font le parallèle avec la flambée du trafic et de la consommation de Kif constatée au début des années 2000. Malgré les efforts indéniables et l’engagement affiché par les services de sécurité dans la lutte contre le fléau, «l’inondation» du territoire et des wilayas de l’Ouest par le Kif provenant du pays voisin allait atteindre un seuil jamais égalé. Au trafic du Kif, semble s’ajouter aujourd’hui les fléaux des psychotropes et de la cocaïne injectée sur le marché par des réseaux mafieux sans scrupules. A Oran, les images et les forts appâts de gains illicites et d’enrichissement rapide ne cessent de se répandre sous le ciel de la ville, capitale incontestée de ce trafic qui a brisé les frontières du Mal, de l’Immoral et des dérives. Chaque année, des dizaines d’affaires de trafic de drogue sont traitées par les tribunaux et de nombreux individus sont incarcérés pour de longues, moyennes, ou plus courtes «durée». Mais chaque année, le trafic s’amplifie et les «grandes affaires» se succèdent, alimentant l’angoisse et l’inquiétude partagée face à ce fléau inscrit au registre d’une triste et «banale» fatalité.
Par S.Benali