vendredi , 24 mars 2023
<span style='text-decoration: underline;'>APC D’Aïn El Türck</span>:<br><span style='color:red;'>La guerre des tranchées</span>
© Ouest Tribune

APC D’Aïn El Türck:
La guerre des tranchées

Les citoyens d’Aïn El Türck, n’ont pratiquement jamais connu une assemblée populaire communale apaisée. Depuis l’indépendance, un seul maire, en l’occurrence Benabbou Mustapha, a pu terminer son mandat, malgré les turbulences, et elles étaient nombreuses, qui avaient caractérisé sa présidence. L’actuelle APC d’Aïn El Türck, présidée par Smara Abdennour, est, elle aussi dans une zone de turbulences.

Sur les 19 membres élus, 17 d’obédience FLN qui constituent la majorité et 02 RND, l’assemblée communale, est un champ de bataille. La fronde vient des partisans d’un même camp, celui du FLN, ceux là même qui avaient opté pour le choix de l’actuel maire, Smara Abdennour, pour présider à la destinée de l’APC, lors de l’élaboration de la liste électorale et ce, après approbation de la direction de la mouhafadha d’Oran, qui avait, en son temps, validé la tête de liste et sa composante. Qu’est ce qui fait, qu’aujourd’hui, la rébellion prenne naissance au sein de ce groupe partisan, que tout semblait, au départ, unir ? Il faut souligner, que la guerre des tranchées, a de tout temps prévalu dans les assemblées communales d’Aïn El Türck, quelque soit, l’équipe en place et quelque soit, l’obédience de la formation politique qui eut à gérer.
Les élus actuels, ne font que perpétuer une « tradition», qui n’étonne plus ni citoyen, ni observateur de la scène locale. D’ailleurs, les hostilités entre les élus dissidents et l’équipe du maire, ont commencé très tôt, soit quelques mois seulement après son installation en tout début de mandat, avant que cette dissidence ne s’élargisse à l’ensemble de l’assemblée communale. Celle-ci (la guerre) étant ainsi déclarée, l’exécutif communal d’Aïn El Türck, réduit à une peau de chagrin, fonctionnera avec seulement trois élus autour du maire. Une bien fragile consistance, pour un exécutif qui aura eu à gérer toutes les problématiques de la commune, avec peu de résultats visibles, puisque les mêmes tares, dont une grande partie héritée, subsistent à l’heure qu’il est.
Les tentatives de réconciliation entre les deux factions opposées, étant toutes tombées à l’eau, il est aisé de comprendre que le désaccord est plus profond qu’on ne le pense. il ne s’agit pas d’une simple incompatibilité d’humeur, et pour cela, il suffit d’entendre les arguments des uns et des autres, mais à priori, d’un conflit d’intérêt.
D’une part, le président de l’APC, Smara, taxé d’être un intransigeant, parfois d’obstiné, confie qu’il avait toujours refusé de céder aux caprices des élus de son assemblée qui lui sont hostiles, et qui « auraient voulu tirer profit et avantages de leur statut d’élus », notamment avant la fin de cette mandature. Ce blocus, serait la source de ses déboires avec ses pairs de l’assemblée. De l’autre, c’est la marginalisation des élus et la gestion autoritaire et unilatérale du maire, voire son mépris, qui est pointée du doigt.
Pour les observateurs locaux, le scénario n’est pas nouveau, il est même classique, l’on se cache derrière ce genre d’arguments, alors que la vérité sur le fond réel de la divergence, est à aller chercher ailleurs. Rappelons qu’au début du mandat de cette assemblée, une affaire d’assiette de terrain avait entaché sa notoriété et semble être le point de départ de la levée des boucliers entre le maire et des membres de son assemblée. A quelques mois de la fin de mandat, les démons semblent s’être à nouveau réveillés, ce qui expliquerait ce redéploiement soudain d’hostilités.
Karim.B