lundi , 27 mars 2023

...:
La pandémie en terres de guerre

La pandémie du coronavirus touche les pays du monde entier. Et parmi ces pays, il y a fatalement ces contrées où les conflits armés font des ravages depuis de longues années déjà. La région la plus touchée est malheureusement notre région arabe où trois pays sombrent dans des guerres sanglantes et sans concessions pour un pouvoir qui se construit sur les corps de milliers d’innocents citoyens.
Le Yémen, la Syrie et la Libye n’ont pas fini de manger leur pain noir et la folie des hommes règne toujours en maître absolu. Les chiffres de la pandémie qui nous viennent de ces pays sont insignifiants, puisqu’il n’est rapporté, officiellement, que quelques dizaines de contamination et un chiffre minime de morts. Des statistiques qui ne convainquent personne, car elles ne jouissent d’aucune fiabilité dans des pays où l’Etat, avec tout ce que ce mot veut dire, n’existe plus.
Les hommes et les femmes de ces régions fuient plus la guerre que le virus. Leur hantise est toute différente de ce que vivent les autres peuples de la terre. Et puis, comment penser à cette maladie quand on sait que les structures sanitaires dans ces trois pays, ont toutes été détruites. Qu’il n’existe plus de personnel médical et que les médicaments font défaut depuis bien longtemps.
La mort frappe de toute part, et ceci ne semble pas inquiéter les seigneurs de la guerre qui ne pensent qu’à la victoire finale. Une victoire sur des ruines et des morts qui ont eu le malheur d’être là où il ne fallait pas.
Et le plus tragique dans tout cela, en ces temps de pandémie, c’est de voir que le monde entier détourne le regard de ce qui était pourtant, il y a quatre mois seulement, le centre de tous les intérêts et de toutes les convoitises. Ici, on meurt dans l’indifférence générale et personne ne semble plus avoir le temps ni l’envie de rouvrir ces dossiers où la vie humaine semble avoir tout perdu de sa sacralité.
Ces oubliés de la terre sont otages de ces fous de la guerre et du pouvoir que rien ne semble vouloir arrêter leur folie de régner en maîtres. Régner en maîtres sur des pays fantômes. Mais qu’à cela ne tienne, la seule chose qui vaille pour ces personnes, c’est de remporter les batailles et les guerres quitte à voir périr la moitié de leur nation.
Le jour où les bilans seront faits, le monde découvrira l’horreur qui a traversé ces pays meurtris. Mais ce jour-là, il sera déjà trop tard. Ces drames ne sont plus une urgence pour ceux qui ont pourtant été derrière cette meurtrière situation.
Par Abdelmadjid Blidi