mardi , 21 mars 2023
<span style='text-decoration: underline;'>Directeur local des affaires relieuses et des waqfs</span>:<br><span style='color:red;'>Les anciennes mosquées dans l’attente de restauration</span>

Directeur local des affaires relieuses et des waqfs:
Les anciennes mosquées dans l’attente de restauration

De nombreuses mosquées datant de plusieurs siècles, demeurent des repères de la longue histoire de la ville d’Oran, riche en événements successifs.

L’occupation de la ville par les forces espagnole et française durant plus  de 400 ans, la destruction de certains sites cultuels, la transformation de  leur vocation première durant cette sombre période de l’histoire et les  saisies des biens waqfs ont été autant de faits qui n’ont pas réussi à  détourner ces lieux de leur mission cultuelle et de pôle de rayonnement et  d’enseignement religieux. Des sites comme Djamâa Hassan Pacha, la mosquée Bey Mohamed Benothmane El  Kebir ou encore Imam El Houari, parmi les plus anciennes d’Oran nécessitent  aujourd’hui des travaux de restauration et de réfection afin de sauvegarder  leur architecture et les préserver des aléas du temps.
Des actions ont été entreprises dans ce sens auprès des autorités  concernées, a-t-on appris du directeur local des affaires relieuses et des  waqfs, Messaoud Amirouche. Cette démarche est soutenue par la décision du  Président de la république, qui à l’occasion de Youm El Ilm, avait  préconisé la restauration de toutes les «vielles mosquées» du pays.  L’objectif étant, à la fois, de rendre hommage aux grands Hommes et aux  érudits ayant marqué l’histoire du pays et sauvegarder les lieux de culte,  pôles de la résistance contre l’acculturation et la spoliation de la  personnalité algérienne.
Incontestablement, la ville d’Oran recèle des mosquées, véritables  mémoires témoignant de sa longue et riche histoire. La mosquée du Pacha,  l’une des plus anciennes de la ville, a été construite par le Bey Mohamed  El Kebir, suite à la libération d’Oran, en 1792, après près de trois  siècles d’occupation espagnole, comme le précise le chef de service culture  islamique et enseignement coranique à la même direction de wilaya, Mokhfi  Boukhemacha. La plaque de marbre, dévoilée lors de l’inauguration de cette mosquée, en  1796, est jusqu’à présent conservée dans l’une des galeries du musée Ahmed  Zabana, dans le quartier populaire de M’dina Djedida, a-t-on précisé. S’étendant sur une surface de 1.382 m2, la mosquée a été édifiée non loin  du Palais du Bey, sur la rive orientale du Oued R’hi (actuellement Oued Ras  El Aïn), dans l’actuel quartier populaire de Sidi El Houari. C’est autour  de ce lieu de culte que de nombreux quartiers ont vu le jour, pour  constituer la nouvelle ville d’Oran, précisent des textes historiques.
Des mosquées et des pans de l’Histoire
En 2009, la mosquée a été fermée après l’apparition de fissures sur sa  plateforme, les colonnes et ses différents éléments de soutien. En 2017, un accord a été signé pour restaurer la mosquée et le palais du  Bey entre la direction locale de l’urbanisme et de la construction et  l’Agence turque de coopération et de développement (TIKA). Les travaux  devaient être financés par le groupe turc «Tosyali-Algérie». Seulement,  jusqu’à présent, le projet est resté au stade des études techniques,  précise-t-on à la direction des affaires religieuses. La situation de ce site, classé en 1952, est devenue encore plus difficile  avec son squat de la mosquée par 14 familles du quartier voisin dont les  habitations se sont effondrées.
Ces familles occupent toujours les lieux  rendant difficiles voire impossibles les travaux de restauration et de  réhabilitation. L’autre mosquée, celle de Mohamed Benothmane Kébir, s’étendant sur 1.394  m2, a été construite en 1799 sur la rive ouest de l’oued de Ras El-Aïn. Les  forces d’occupation française l’ont transformée en hôpital militaire  (Baudens). Certains de ses éléments architecturaux ont disparus,  précise-t-on à la direction locale chargée du secteur.
Cette mosquée a été restaurée en 1980 mais son minaret est aujourd’hui  menacé d’effondrement puisqu’on enregistre fréquemment des chutes de  pierres au niveau de ce site. En outre, les turcs ont également édifié la  mosquée du Bey, dans le quartier de Kherguetah, en 1793. Après le début de la colonisation française, ce lieu de culte a été fermé  aux fidèles.
Ce n’est que quelques années avant le déclenchement de la  guerre de libération nationale que la mosquée a été rouverte et autorisée à  accueillir les fidèles pour l’accomplissement des prières. Pour sa part, la Mosquée Imam Sidi Houari, une zaouïa, a été construite  par le saint homme Mohamed Benomar Houari (1350-1439), dans l’actuel  quartier populaire éponyme de la ville. Le mausolée de ce Saint Homme,  construit à proximité de la mosquée, est visité, à ce jour, par la  population locale et par les touristes nationaux et parfois étrangers de  passage à Oran. Le site jouit d’une place importante dans la mémoire collective de la  ville et de la population oranaise. La zaouïa et son école, remontant à la  période zianide, se sont occupées de l’enseignement des sciences  théologiques et de la diffusion des préceptes de la religion musulmane.
Après le début de la colonisation française, le site a été transformé en  armurerie et en dépôt de matériel militaire. La mosquée n’a repris sa  fonction qu’après le recouvrement de l’indépendance. D’une surface de 1.452  m2, la mosquée a bénéficié de travaux de restauration en 2015,  rappelle-t-on Les anciennes mosquées d’Oran, en dépit de toutes les tentatives visant  dans le passé à les dénaturer et à détourner leurs vocations premières,  loin d’être des vestiges du passé, restent des édifices incontournables,  témoignant de leur rôle dans la préservation de l’identité nationale sur  les plans religieux, culturel et civilisationnel. Elles contribuent à la  consolidation de toutes les valeurs humaines et spirituelles d’une  génération à l’autre.