mardi , 28 mars 2023
<span style='text-decoration: underline;'>Financements étrangers de la presse nationale</span>:<br><span style='color:red;'>Tous les dossiers seront ouverts</span>

Financements étrangers de la presse nationale:
Tous les dossiers seront ouverts

La machine gouvernementale est donc enclenchée pour donner à l’Algérie un paysage médiatique, digne de ce nom et susceptible de contribuer efficacement à l’essor du pays à tout point de vue.

Le ministre de la communication persiste et signe sur la question des financements étrangers de la presse nationale. Amar Belhimer qui fait de la mission de traquer toute tentative d’ingérence dans les affaires du pays, et jaloux de sa souveraineté éditoriale est revenu sur le sujet à travers un communiqué, dont la limpidité ne fait aucun doute. «Tous les dossiers de financements extérieurs au bénéfice de la presse ou de tout autre secteur seront ouverts, c’est-à-dire mis à plat par les instances ad hoc de l’Etat», précise le département de la Communication. Il ajoute que «cet examen et cette exposition en détail seront effectués sous l’angle de ce que ces financements étrangers recèlent comme atteintes caractérisées à la souveraineté nationale». C’est clair net et précis.
Le ministère n’entend pas tergiverser. «Ces financements alimentent, par ailleurs, les résistances aux réformes patriotiques souhaitées», lit-on dans le communiqué au ton ferme et décidé. Il n’y a visiblement aucune nuance sur le fond dans ce communiqué qui entend mettre de l’ordre dans un secteur très sensible et qui passe pour être une véritable arme qui pourrait servir les intérêts du pays, comme elle pourrait être retournée contre l’Algérie. A ce propos, il semble que la détermination des autorités centrales est très forte, au regard des actions sur le terrain pour combattre les fausses informations. Mais l’essentiel pour l’heure, peut-on comprendre à la lecture du communiqué, consiste à assainir sérieusement le champ médiatique algérien.
Cette fermeté n’est pas une nouveauté dans l’attitude du ministère de la Communication qui, dans son communiqué, a rappelé que Ammar Belhimer avait récemment appelé tous les acteurs de la presse nationale au «strict respect de la loi, notamment en ce qui concerne les financements étrangers». Cela tout en précisant que «ces financements extérieurs quel qu’en soient la nature, l’origine et la provenance sont absolument interdits».
Il convient par ailleurs de souligner le fait que les financements extérieurs de la presse sont prohibés en vertu de la loi organique n° 12-05 du 1er janvier 2012 relative à l’Information et de la loi n° 14-04 du 24 février 2014 relative à l’activité audiovisuelle, le ministère de la Communication a relevé que «les financements étrangers de quelque activité que ce soit sont encadrés par la loi à laquelle nul ne peut déroger».
Il y a lieu de relever également que l’article 29 de la loi sur l’Information stipule, en effet, de manière «claire et précise», que «l’aide matérielle directe et indirecte de toute partie étrangère est interdite», a noté la même source, ajoutant que «le même article oblige tous les médias écrits et audiovisuels à déclarer ou à justifier l’origine des fonds constituants leur capital social et ceux nécessaires à leur gestion, conformément à la législation en vigueur».
A propos des télévisions et des radios hertziennes ou satellitaires, des WebTV et des Web-radios, la loi n° 14-04 du 24 février 2014 «énonce, par ailleurs, et de manière nette, la stricte obligation de justifier de +l’exclusivité nationale+ du capital social ainsi que de +l’origine des fonds investis+».
Cette insistance à faire le point sur un secteur aussi sensible «s’inscrit en droite ligne de l’entreprise de redressement national que le président de la République, Monsieur Abdelmadjid Tebboune, a la ferme volonté de mener à son terme, et qui passe par une remise à plat des bases institutionnelles et juridiques de l’Etat et de l’économie», a indiqué la même source.
Il s’agit dans ce cadre de «procéder à un état des lieux sans concessions pour aboutir à une reconstruction totale de l’Etat qui est la base solide sur laquelle reposera la Nouvelle République dont les 54 engagements présidentiels de l’élection présidentielle du 12 décembre 2019 en ont esquissé les lignes directrices», a conclu le communiqué.
La machine gouvernementale est donc enclenchée pour donner à l’Algérie un paysage médiatique, digne de ce nom et susceptible de contribuer efficacement à l’essor du pays à tout point de vue.
Yahia Bourit