mercredi , 7 juin 2023

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Une question existentielle, morale et philosophique

Après avoir bien assimilé le mot planétaire de «confinement», il faut s’habituer maintenant à un autre mot qu’est le « déconfinement ». Le monde, avec des politiques différentes d’un pays à un autre, se prépare désormais à une autre étape née de la pandémie du coronavirus. En réalité et quels que soient tous les mots que l’on entend et que l’on apprend depuis l’avènement de cette pandémie depuis le mois de décembre dernier, il faut reconnaître que le monde ne sait plus comment faire devant une situation qui dépasse tous les Etats de la planète.
Des plus puissants aux plus faibles, les pays tentent de s’en sortir de ce cataclysmique tremblement de terre qui a remis à plat bien des certitudes et bien des convictions. Mais plus concrètement, il faut relever que c’est en Occident que l’on semble de plus en plus impatient de sortir de cette «situation d’inertie» pour sauver ce qui peut encore être sauvé sur le plan économique. Ainsi et après la Chine qui a, le 7 avril, été le premier pays à lever le confinement à Wuhan (berceau du coronovirus), le Danemark, l’Autriche et la Tchéquie ont suivi quelques jours après, alors que l’Allemagne saute le pas aujourd’hui en compagnie d’autre pays. Mais les pays les plus touchés comme la France, l’Italie ou l’Espagne y entreront totalement au mois de mai.
Il faut dire que la peur de voir l’économie ne plus se relever a fini par prendre le dessus et peser lourdement sur les décisions des leaders de ces pays. La peur sanitaire recule face à la peur du chômage, de la récession et même du plongeon total pour certains pays qui craignent de ne plus pouvoir se relever un jour.
Un dilemme qui se pose de manière tendue aux Etats Unis où le président Trump veut au plus vite tourner la page de la pandémie et se consacrer totalement à la reprise économique. Il faut dire que le locataire de la Maison Blanche a une peur bleue de voir sa campagne électorale voler en éclats s’il n’a plus un solide bilan économique à présenter à ses électeurs. Il sait que tout déraillement économique signifie sa fin politique et pour ce, il pousse comme un forcené à ce que le confinement s’arrête et que la vie reprenne, convaincu ou tout au moins voulant convaincre que le plus dur est passé.
C’est fou ce que ce virus a créé comme chamboulements dans notre monde où se pose aujourd’hui une question centrale. Faut –il sauver les vies humaines ou sauver l’économie mondiale. Une torture morale pour tous les leaders de ce monde qui n’ont jamais eu à répondre à une question aussi complexe depuis des années et des années.
Par Abdelmadjid Blidi