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Mahfoud Kaoubi, expert économique et financier : «La diversification économique, principal défi à relever dès 2026»

L’expert économique et financier Mahfoud Kaoubi a affirmé, hier, que l’un des principaux défis auxquels l’Algérie devra faire face en 2026, et même au-delà, réside dans la diversification de ses ressources, l’approfondissement de l’intégration économique et le renforcement de la création de richesse.

Intervenant sur les ondes de la chaîne III de la Radio nationale, M. Kaoubi a rappelé que le secteur des hydrocarbures continuera, dans un avenir proche, à constituer la principale source de devises pour le pays. Il a estimé toutefois que l’enjeu fondamental pour les années à venir dépasse cette dépendance et se situe dans la capacité de l’économie nationale à élargir sa base productive. « La véritable bataille en 2026 et au-delà sera celle de la diversification de nos ressources et de l’orientation vers davantage d’intégration et de création de richesse », a-t-il souligné. Interrogé sur les changements introduits par la loi de finances 2026, l’expert a indiqué que le législateur a opté pour une approche axée sur la stabilité. Néanmoins, il a précisé que certaines augmentations ont été décidées et auront, d’une manière ou d’une autre, un impact direct sur le pouvoir d’achat des citoyens. Selon lui, bien que les grandes lignes de la politique fiscale demeurent inchangées, des ajustements ciblés sont à prendre en considération. « Il n’y a pas de grands bouleversements en matière de fiscalité, que ce soit pour les particuliers ou pour les entreprises. Toutefois, il convient de relever certaines augmentations, notamment au niveau du droit de timbre, de la vignette automobile pour certaines catégories de véhicules, ainsi que des droits liés à la taxe d’habitation, qui a également été revue à la hausse », a-t-il expliqué.
Abordant la question de la transformation numérique dans le champ économique, appelée à se poursuivre en 2026, M. Kaoubi s’est montré satisfait des avancées enregistrées. Il a salué les efforts consentis par le Haut-Commissariat à la numérisation, estimant que l’Algérie se trouve aujourd’hui « à un niveau de parachèvement très avancé de l’architecture de transformation ». Toutefois, l’expert a insisté sur « la nécessité de laisser le temps requis afin que cette transition s’opère avec un maximum de légitimité et d’efficacité ». Il a, dans ce sens, souligné que la transformation numérique ne peut réussir sans une profonde évolution des modes de fonctionnement de l’administration publique. « Cette transformation numérique exige, en parallèle, une transformation de l’organisation de l’administration », a-t-il affirmé. Poursuivant son analyse, M. Kaoubi a estimé que la numérisation, parfois qualifiée de manière imprécise, doit impérativement s’accompagner d’une réorganisation globale de la sphère administrative. Il a également plaidé pour une préparation adéquate de la sphère économique, afin d’opérer les ajustements nécessaires et de faciliter l’adoption de cette transition par l’ensemble des acteurs.
Évoquant la récente hausse des prix des carburants, l’invité de la Chaîne 3 a précisé que l’objectif principal de cette décision est de procéder à un ajustement destiné à rattraper l’augmentation des coûts, notamment ceux liés à la distribution et au raffinage. Il a tenu à lever toute ambiguïté à ce sujet. « Il est important de clarifier un point : cette hausse des prix des carburants n’est pas liée à une augmentation des taxes. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’elle n’a pas été intégrée au débat autour de la loi de finances 2026. Il s’agit d’un ajustement opéré par l’Agence nationale des hydrocarbures, visant à couvrir certaines charges », a-t-il conclu.

Mohand S

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