Après près de 40 jours de guerre : un Cessez-le-feu signé entre l’Iran et les Etats Unis
Après un mardi ponctué de frappes et de menaces d’anéantissement de la «civilisation iranienne» proférées par Donald Trump, l’annonce d’une trêve est tombée en pleine nuit en Iran.
Un cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l’Iran a été signé mercredi et annoncé très tôt par la Maison blanche et Téhéran. Il reste cependant éminemment fragile. Deux navires ont pu franchir le détroit d’Ormuz, mais ailleurs les effets restent limités. Au Liban, où l’entité sioniste a mené sa «plus grande frappe coordonnée» contre le Hezbollah depuis le déclenchement de la guerre américano-israélienne contre l’Iran, le 28 février dernier. Les tirs ont fait des dizaines de morts et provoqué des scènes de panique au cœur de Beyrouth. Côté américain, le chef d’état-major a souligné que les forces armées étaient «prêtes» à reprendre les combats le cas échéant.
Alors que le cessez-le-feu ouvre la voie à une période de négociations, Donald Trump s’est dit prêt à «discuter» de «la levée (…) des sanctions» asphyxiant l’économie de l’Iran, en représailles pour son programme nucléaire soupçonné d’avoir des visées militaires. C’était l’un des points du plan proposé par Téhéran selon les médias iraniens. Le président américain a menacé d’appliquer des droits de douane de 50% sur tous les pays qui fourniraient des armes à l’Iran. Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a affirmé que les Etats-Unis ont «fini de complètement détruire» l’industrie de défense de l’Iran qui selon lui ne peut «plus construire de missiles, de roquettes (…) ou de drones».
Après un mardi ponctué de frappes et de menaces d’anéantissement de la «civilisation iranienne» proférées par Donald Trump, l’annonce d’une trêve est tombée en pleine nuit en Iran. Mercredi, Téhéran avait des allures de jour férié, certains habitants préférant rester chez eux en attendant d’y voir plus clair, tandis que d’autres avaient fui durant la nuit. «J’ai encore des douleurs à cause de la peur», explique Simin, enseignante d’anglais de 48 ans. «Le choc et la pression psychologique ont été si intenses que même maintenant, on ne sait pas si on doit se sentir soulagés par la trêve ou pas».
L’Iran a toutefois annoncé mercredi avoir abattu un drone de fabrication israélienne, mettant en garde contre une «violation du cessez-le-feu». Le vice-président américain JD Vance a reconnu que le cessez-le-feu était «fragile», mettant en garde l’Iran contre toute «tricherie». Au même moment, le Koweït a indiqué subir une «intense vague d’attaques» iraniennes, endommageant installations pétrolières et usines de dessalement. Les Emirats arabes unis ont eux aussi fait état de dizaines d’attaques iraniennes. L’Iran a indiqué avoir ainsi riposté à des frappes aériennes menées après la trêve contre ses propres installations pétrolières.
Au Liban, les frappes israéliennes ont fait «des dizaines de morts et des centaines de blessés», selon le ministère de la Santé. Pour l’armée israélienne, «la bataille continue» contre le Hezbollah, qui, selon sa propagande, a entraîné le Liban dans la guerre le 2 mars en tirant des roquettes vers Israël mais n’a plus revendiqué d’attaques contre Israël depuis 01H00 locale environ (mardi 22H00 GMT). Un diplomate proche des négociations a indiqué qu’il y avait, avant même que l’entité sioniste annonce exclure le Liban du cessez-le-feu, «une vraie crainte qu’Israël fasse dérailler la trêve ou toute négociation». Leur offensive confirme ces craintes, estime-t-il, signe que les objectifs israéliens «sont différents de ceux de leur allié américain». Les autorités iraniennes ont annoncé des pourparlers avec Washington à partir de vendredi au Pakistan, médiateur clé dans la guerre au Moyen-Orient qui a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban. Les discussions sont prévues pour deux semaines, une période susceptible d’être prolongée «en accord avec les deux parties», selon le Conseil suprême de la sécurité d’Iran.
L’agence de l’ONU chargée de la sécurité en mer a dit travailler à un mécanisme pour garantir la «sécurité du transit». L’Iran a pris au début de la guerre le contrôle de ce goulet par lequel transitait notamment 20% du brut mondial, et dont Trump avait exigé l’ouverture «totale, immédiate et sécurisée» en échange du cessez-le-feu. Des centaines de navires restent immobilisés dans le Golfe. Le ministre des Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi a confirmé que les autorités acceptaient de rouvrir le détroit «pendant une période de deux semaines», mais l’armée «surveillera» le «passage quotidien limité des navires».
La fragilité du cessez-le-feu s’est révélé en milieu d’après midi de mercredi, lorsque le ministre iranien des Affaires étrangères a évoqué des «violations du cessez-le-feu» par Israël au Liban lors d’un appel avec le commandant des forces armées du Pakistan, médiateur de la fragile trêve entre les Etats-Unis et l’Iran, selon un communiqué.
Anissa Mesdouf



