
Espagne : le Maroc au cœur de la structure logistique d’un réseau de trafic de haschich vers l’Europe
Selon le journal espagnol «The Objective», le juge de l’Audience nationale espagnole, Antonio Pina, a décrit l’organisation criminelle comme étant «parfaitement hiérarchisée», comprenant des niveaux opérationnels et des cellules interconnectées, et étendant ses activités à plusieurs provinces espagnoles, avec des «liens logistiques» au Maroc. Son activité est principalement axée sur la détention, le stockage, le transport et la distribution de grandes quantités de haschich, ainsi que de cocaïne.
Mustapha Chairi Brouzi figure au premier rang du réseau. Cet homme d’affaires marocain est placé à la tête de l’organisation criminelle par les investigations espagnoles, qui le décrivent comme le propriétaire des deux tunnels utilisés pour le trafic de drogue. L’enquête révèle le rôle central joué par le tunnel dans ce circuit, puisqu’il s’étendait sous terre entre le Maroc et Ceuta, et offrait au réseau un passage régulier permettant de faire transiter de grandes quantités de haschich. Le juge a qualifié l’infrastructure du tunnel de «hautement professionnalisée», ce qui reflète le niveau d’organisation sur lequel reposaient les opérations de trafic.
Les détails de l’enquête indiquent que l’activité du réseau ne se limitait pas au haschich, mais concernait également la cocaïne, avec le recours à des véhicules et à des vedettes rapides pour transporter les drogues et les distribuer en Espagne, puis dans le reste de l’Europe.
La nature de ces opérations renforce l’ampleur de l’ancrage marocain du réseau : le circuit commence par des drogues en provenance du Maroc et passe par des liens logistiques qui lui sont associés, avant de traverser le tunnel vers Ceuta, puis le réseau assure le transport et la distribution des cargaisons en Espagne et au-delà.
L’affaire révèle également des liens au sein de l’environnement sécuritaire espagnol, après l’arrestation d’un ancien membre de la Garde civile, Angel Albarracin, soupçonné d’être le bras droit du chef de l’organisation. Albarracin était connu de l’Unité centrale opérationnelle pour sa connaissance du milieu de la drogue à Ceuta et sa maîtrise de la langue arabe, tandis que des enregistrements ont montré, selon l’enquête, sa participation à des réunions et à des activités liées au trafic de haschich.
L’affaire révèle que le Maroc n’est pas seulement une source du haschich destiné à l’Europe, mais constitue également une base majeure d’un dispositif de trafic transfrontalier, alimentant les réseaux de criminalité organisée dont les ramifications s’étendent au cœur du Vieux continent.



