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Allocation chômage : un levier renforcé pour l’insertion professionnelle

L’allocation chômage constitue un véritable levier d’insertion professionnelle durable pour les demandeurs d’emploi. Ce dispositif se veut un véritable mécanisme d’accompagnement vers l’insertion professionnelle, tout en renforçant les exigences de transparence et d’efficacité.

La sous-directrice de la coordination et du partenariat au ministère du Travail et de la Sécurité sociale, Nour El Houda Khelili, a apporté des précisions sur cet instrument d’accompagnement vers la vie professionnelle. Elle a indiqué lors de son passage hier sur les ondes de la chaîne III de la Radio nationale que 140 000 demandes sont actuellement enregistrées via la plateforme numérique « Minha », en précisant qu’il s’agit de requêtes en cours d’étude et non de bénéficiaires déjà validés. Selon la même responsable, l’ensemble des demandes fait l’objet d’un examen progressif, basé sur des mécanismes de vérification rigoureux. Elle a tenu à rappeler que l’inscription sur la plateforme ne vaut pas attribution automatique de l’allocation, chaque dossier devant être soumis à un processus de contrôle approfondi.
Conçue par les équipes de l’Agence nationale de l’emploi (Anem), la plateforme « Minha » s’appuie sur une interconnexion avec plusieurs bases de données nationales, notamment celles relevant de la sécurité sociale et des registres administratifs. Ce croisement des informations permet d’opérer des vérifications instantanées, assurant ainsi l’équité dans le traitement des demandes. Dans ce cadre, un dispositif organisationnel a été déployé à travers tout le territoire national. Au total, 278 agences locales réparties sur l’ensemble des wilayas sont mobilisées pour recevoir les demandeurs et instruire les dossiers. Les autorités se sont fixé comme objectif de finaliser l’examen de l’ensemble des demandes en suspens d’ici au 31 juillet prochain. Mme Khelili est également revenue sur l’évolution du cadre juridique encadrant cette allocation. Instituée en 2022 par le décret exécutif 22-70, celle-ci a récemment fait l’objet d’ajustements introduits par un nouveau texte daté du 21 janvier 2026. L’esprit du dispositif demeure inchangé : il s’agit de garantir un revenu minimal aux demandeurs d’emploi, tout en favorisant leur insertion durable sur le marché du travail. À ce titre, les critères d’éligibilité restent strictement définis.
Pour en bénéficier, il est nécessaire d’être de nationalité algérienne, âgé de 19 à 40 ans, inscrit en tant que primo-demandeur d’emploi et ne disposer d’aucune source de revenu, y compris au sein du foyer. Les personnes ayant déjà profité de dispositifs publics d’aide à l’emploi, tels que l’Ansej, la Nesda ou l’Angem, en sont exclues, a précisé l’invitée de la Radio nationale. En revanche, les anciens détenus ayant purgé leur peine peuvent y accéder, dans une optique de réinsertion sociale.
Certaines situations entraînent automatiquement l’inéligibilité, notamment l’affiliation à un organisme de sécurité sociale ou la perception de revenus par le conjoint. De même, le refus d’une opportunité d’emploi, d’une formation ou d’une convocation émanant de l’Anem peut conduire à la suspension, voire à la suppression du droit à l’allocation. Par ailleurs, la réforme de 2026 introduit une limitation dans la durée de bénéfice. L’allocation est désormais accordée pour une période d’un an, renouvelable une seule fois sous conditions. Les bénéficiaires ayant déjà cumulé 24 mois d’indemnisation peuvent prétendre à une année supplémentaire, tandis que ceux n’ayant pas atteint ce seuil doivent d’abord compléter cette durée avant d’envisager une prolongation. Les nouveaux inscrits, pour leur part, accèdent directement à un droit d’un an, reconductible une fois. Au-delà du soutien financier, le dispositif s’inscrit désormais dans une logique d’activation, avec un accent particulier sur le développement des compétences. Les autorités ont ainsi élargi l’offre de formation proposée aux bénéficiaires, en passant de simples formations qualifiantes à des cursus diplômants mieux adaptés aux exigences du marché. Ces formations, mises en œuvre en partenariat avec le secteur de la formation professionnelle, peuvent s’étendre jusqu’à six mois pour les modules qualifiants et jusqu’à deux ans pour certaines spécialités. L’adhésion à ces parcours est désormais une condition essentielle pour maintenir le bénéfice de l’allocation, tout refus entraînant la perte de ce droit.
Les données communiquées traduisent une montée en régime du dispositif. À fin 2025, plus de 1,44 million de bénéficiaires ont été orientés dans ce cadre, avec 115 000 insertions effectives sur le marché du travail. La tendance semble se confirmer en 2026, avec plus de 120 000 placements enregistrés dès les deux premiers mois de l’année. Des résultats que la responsable qualifie d’encourageants, estimant qu’ils reflètent l’impact croissant du programme. Mme Khelili a également souligné la forte présence féminine parmi les bénéficiaires, les femmes représentant plus de 72 % des inscrits. Toutefois, cette catégorie fait face à des contraintes spécifiques, notamment en raison du manque de qualification ou du recours à l’emploi informel, ce qui complique leur intégration professionnelle. Dans certains cas, des refus de formation ou de convocation sont également constatés.
L’analyse des profils fait ressortir une prédominance des personnes sans qualification, suivies des diplômés universitaires et des sortants de la formation professionnelle. Ces derniers sont particulièrement recherchés, notamment dans les métiers techniques. Du côté des universitaires, les besoins concernent surtout des domaines comme l’informatique, l’électronique ou encore l’électrotechnique, avec des variations selon les réalités économiques locales. Pour améliorer les chances d’insertion, l’Anem mise sur un accompagnement de proximité. Les demandeurs d’emploi bénéficient d’une assistance dans l’élaboration de leurs CV, participent à des ateliers de formation et font l’objet d’un suivi personnalisé. Des conseillers peuvent également intervenir lors des entretiens d’embauche afin d’identifier les points à améliorer. En parallèle, la digitalisation du dispositif permet aux demandeurs de suivre l’évolution de leur dossier en temps réel via la plateforme « Minha ». Selon l’oratrice, toute anomalie ou pièce manquante fait l’objet d’une notification, que ce soit par SMS, appel téléphonique ou via l’interface numérique.

Mohand S

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