Assainissement du «Jardin mediterranéen» : vers la fin du laxisme et de l’anarchie
En juillet 2015, il y a presque dix ans, l’inauguration du fameux jardin dit «Citadin» aménagé au prolongement du Front de mer était un grand événement alors inscrit en «exploit» majeur couronnant les efforts d’amélioration de l’environnement et du cadre urbain . Les responsables locaux de l’époque qualifiaient cette réalisation de «projet d’espace vert récréatif grandiose».
Ce projet qui avait toutefois englouti pour sa seule première phase la bagatelle de 25 milliard de centimes, a été dans un premier temps baptisé “jardin méditerranéen», en soutien à la candidature d’Oran pour l’organisation des JM 2022. Cet espace vert longeant la frange marine devait, disait-on à l’époque, réunir toutes les structures et les conditions favorables à la promenade, à la détente et même aux jeux récréatifs pour enfants. Ce nouveau site aménagé en jardin est censé devenir un «poumon d’air» pour les familles oranaises qui n’avaient jusqu’ici que de très rares endroits propices aux ballades en verdure. Mis en chantier en août 2014, le jardin a été livré un an plus tard et géré par l’EPIC Oran Vert .
Depuis, beaucoup à Oran ont tenté de trouver, en vain, des spécificités, ou des «originalités» pouvant inscrire ce nouvel espace vert en réalisation ambitieuse et originale. Bon nombre d’Oranais qui découvraient ce jardin n’ont pas forcément été ébahis ni ont poussé des cris de joie face à cette bande de terrain surplombant la mer qui venait d’être aménagée, ornée de plantes, de palmiers et d’un bassin d’eau en guise de lac artificiel. Un espace par ailleurs «balafré» par la présence d’une station de relevage des eaux usées qui était réalisée il y a longtemps. Il est vrai que la ville d’Oran avait besoin de ce jardin «méditerranéen».
Mais prétendre, comme l’affirment encore certains, que cet espace vert n’est pas un simple jardin mais un «grand parc citadin», serait faire preuve d’amnésie et de mépris envers le jardin historique de M’dina jdida, ses arbres centenaires, ses plantes rares hélas disparues, ses allées mal entretenues et son lac artificiel disparu. Un parc qui faisait jadis le bonheur des enfants et des familles oranaises qui le fréquentaient de manière assidue. Un parc qui n’est aujourd’hui même plus visible pour la majorité des habitants.
Même la «semaine des floralies» organisée jadis chaque année a disparu du calendrier. Un «jardin des plantes» qui a presque fini par disparaître de la mémoire collective en raison de l’absence de culture urbaine et citoyenne favorable au progrès et à la modernité. Et la semaine dernière on a appris que la cellule de l’environnement et du cadre de vie, soutenue par les services de la police de l’urbanisme, a procédé à l’enlèvement de plusieurs jeux et installations de loisirs «implantés en dehors du cadre réglementaire». Des installations appartenant à des exploitants privés dont les contrats avec l’entreprise « Oran Vert » étaient arrivés à expiration ou présentaient des impayés.
Et contrairement aux anciens gestionnaires, les responsables en poste veulent, à juste titre, mettre un terme à l’anarchie ambiante et au non-respect des règles de préservation de l’environnement à travers les espaces verts protégés. Cette vaste opération d’assainissement ordonnée par les autorités locales prouve, s’il le fallait, à quel point les objectifs d’amélioration de l’environnement urbain à travers ce «jardin méditerranéen» ont été oubliés et remplacés par la course au gain et au profit durant le vieux mode de gestion des affaires locales..
Par S.Benali