Sport

Chabab Raed Kouba, 81 ans d’histoire et deux sacres inoubliables

Quatre-vingt-un ans d’existence ne représentent pas qu’un simple chiffre pour les supporters du Chabab Raed Kouba.

C’est une mémoire collective, une succession de générations et surtout le souvenir impérissable de 1981, année au cours de laquelle le club algérois a inscrit son nom en lettres d’or en remportant le championnat national et la Supercoupe d’Algérie pour la première fois de son histoire.
Fondé le 28 février 1945 dans le quartier Oued Kniss à Kouba, le club est né à l’initiative d’un groupe de jeunes nationalistes, en réponse à l’appel du mouvement national. A leur tête figurait son premier président, Mustapha Ben Ouenniche, président d’honneur à vie, ainsi que le martyr Mohamed Ben Haddad, dont le stade communal de Kouba porte aujourd’hui le nom. A sa création, le club portait l’appellation « Riadha Club de Kouba» et comprenait deux sections: le football et la boxe. Dès ses débuts, il s’est distingué par son engagement patriotique.
Tous ses joueurs étaient Algériens, ce qui lui valut d’être qualifié par l’administration coloniale de «club musulman de Kouba». Les autorités françaises ont d’ailleurs retardé son agrément officiel jusqu’en 1945.
Les couleurs vert et blanc du club s’inspirent du dôme emblématique de Kouba, surplombant la mosquée construite en 1545 par Hadj Pacha, visible depuis la mer et servant autrefois de repère aux navires.

1981, l’année de gloire

Au fil de ses 81 années d’existence, le Chabab Raed Kouba a connu des périodes fastes et d’autres plus difficiles. Dans les années 1950, il participe au championnat d’Afrique du Nord avant de se retirer en 1956, à l’instar des autres clubs algériens, sur décision du Front de libération nationale au début de la Révolution. Après l’indépendance, le club franchit un cap important en 1964 avec la création de sa première école de football, sous l’impulsion de Mustapha Ben Ouenniche et de l’entraîneur Mustapha El-Kamel. Cette école formera plus de 120 internationaux dans différentes catégories, dont la star Salah Assad, célèbre pour sa feinte «El Ghorraf « et meilleur buteur de l’Algérie lors du Mondial 1982 en Espagne.
Le club accède en première division lors de la saison 1965-1966 grâce à une génération talentueuse emmenée par Boualem Amirouche, auteur de 40 buts, et Mustapha Zitouni, ancien capitaine de l’équipe du FLN. Cette même saison, Kouba atteint la finale de la Coupe d’Algérie, puis termine vice-champion en 1966-1967 à seulement deux points du leader.
Dans les années 1970, sous différentes appellations telles que Sonatrach Kouba ou Raed Solb Kouba, l’équipe confirme son statut de grande équipe du football national. Elle lutte régulièrement pour le titre, notamment lors de la saison 1974-1975, conclue à une longueur seulement du champion, le MC Alger. Mais la saison 1980-1981 demeure la plus belle page de son histoire.
Le Raed Solb Kouba décroche le titre de champion d’Algérie avec 65 points, devançant la JS Kabylie d’un point. La victoire décisive face au MC Alger (2-0) lors de l’ultime journée scelle un parcours exceptionnel. Dans la foulée, Kouba remporte la Supercoupe d’Algérie face à l’USM Alger (3-1), devenant ainsi le premier club à inscrire son nom au palmarès de cette compétition. Ce doublé historique porte la signature de l’entraîneur Abdelkader Zerrar, ancien joueur de l’équipe du FLN, soutenu par le président Moussaoui Djermane. Des joueurs comme Mohamed Kaci Saïd, Mohamed Chouaib, Rachid Sabar, Youcef Kaboul, Hussein Boumâraf, Hamid Salmi, Rachid Bouzama, Redouane Drissi, le regretté Mehdi Cerbah et Salah Assad ont également marqué cette époque dorée.

Entre épreuves et espoirs

Après deux décennies parmi l’élite, le club connaît sa première relégation en 1985. Il retrouve la première division en 1988 après un duel acharné avec le NA Hussein Dey. Toutefois, l’année 1987 reste marquée par un drame : un accident de la route à Aïn Lahdjel fait six victimes et contraint l’équipe à se retirer du championnat. La fin des années 1990 et le début des années 2000 offrent quelques éclaircies, avec des retours parmi l’élite en 1998, 2001 et 2008, avant une nouvelle descente jusqu’en troisième division en 2012.
Depuis la saison 2008-2009, le Raed Kouba n’a pas retrouvé la Ligue 1, échouant à plusieurs reprises dans la course à l’accession en Ligue 2 amateur. A l’occasion de son 81e anniversaire, les supporters des Verts et Blanc continuent néanmoins d’y croire. Fidèles à leur club, ils espèrent voir renaître les grandes heures d’un Raed Kouba qui a marqué de son empreinte l’histoire du football algérien.

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page