
La cuisine diététique s’invite sur les tables ramadhanesques
Avec la tendance consistante à privilégier une alimentation saine, grâce à une forte prise de conscience quant aux bienfaits de celle-ci, notamment chez certaines catégories, nombre d’initiatives proposent, durant ce mois sacré, des plats et des pâtisseries d’alternative, alliant goût et équilibre diététique.
Dans ce sens, la spécialiste en alimentation saine à Oran, Sara Berguel, a exprimé son souci de mettre à la disposition de ses clients des menus équilibrés, tout au long de l’année, avec un pic de demandes durant le ramadhan dont les plats sont plus spécifiques, déclare-t-elle à l’APS, précisant avoir lancé son projet l’an dernier, afin de combler un manque en matière de produits naturels.
Initialement, explique-t-elle, l’objectif de cette initiative a été de «promouvoir la culture de l’alimentation équilibrée et encourager les bonnes pratiques alimentaires», faisant savoir qu’elle continue de le mener, pour «répondre aux attentes d’une clientèle qui peine à trouver une alimentation à haute valeur sanitaire». La spécialiste indique que la demande émane de diverses catégories de la population, en particulier des sportifs, mais aussi des personnes âgées et des femmes au foyer, lesquelles s’inscrivent aux cycles de formation en cuisine diététique. S’agissant du mois de jeûne, elle s’est attelée à intégrer des recettes ramadanesques revisitées, à l’instar de la populaire «Harira» à l’Ouest du pays, en sus d’autres plats, dont la préparation tient compte de l’équilibre entre les protéines, les fibres et les glucides.
De son côté, la spécialiste en produits diététiques, Meriem Toukali, a expliqué sa motivation pour ce créneau par «son intime conviction quant à l’impact néfaste d’une mauvaise alimentation sur la santé, notamment celle des malades chroniques dont la plupart sont en quête d’alternatives à leurs envies de préparations appétissantes, tout en préservant leur état de santé».
Elle a précisé que son projet, ayant démarré dans la wilaya de Bordj-Bou-Arréridj, avait ciblé essentiellement les personnes souffrant de problèmes de santé, avant qu’il ne fasse adhérer d’autres catégories, de tous âges, faisant savoir qu’elle propose des alternatives saines aux pâtisseries traditionnelles, à l’instar des gâteaux orientaux imbibés de sucre de dattes et autres rafraichissants dépourvus d’additifs et de produits chimiques.
Dans le même sillage, Hasna Boulbourhane de Mila, gérante d’une pâtisserie diététique et de chocolats à base de produits naturels, a affirmé que son label «s’appuie sur des produits de qualité, offrant goût et valeur nutritionnelle», considérant «sa liste ramadanesque comme un prolongement de son sigle». Elle a précisé, à ce titre, que le jeûneur a besoin d’une alimentation énergétique, légère, et qui ne provoque pas une hyperglycémie.
Aussi, s’appuie-t-elle sur des ingrédients complets et étudiés, dépourvus de sucre transformé, de farine blanche, d’huiles hydrogénées et d’arômes industriels, tout en proposant des produits sans gluten.
Et d’assurer «avoir observé, ces dernières années, une hausse sensible du nombre d’amateurs de ce type d’alimentation. Ce qui traduit, selon elle, une prise de conscience quant à la nécessité de privilégier, à nouveau, les produits naturels et à adopter un mode de vie plus équilibré». Commentant ce constat, la spécialiste en nutrition, Dr Latifa Bouzid, soutient qu’il s’agit d’ «une tendance mondiale en faveur d’une alimentation saine ayant impacté au niveau national», imputant cette dernière à la multiplication des problèmes de santé induits par le mode de vie et le déséquilibre alimentaire. Le mois sacré a également connu une évolution remarquable en la matière, bon nombre de jeûneurs ayant opté pour la réduction du sucre et du gras, en privilégiant les graines complètes et les alternatives saines, prédisant un essor de cette tendance à l’avenir, portée par la prise de conscience alimentaire, a-t-elle ajouté.
A cette occasion, la nutritionniste a mis en garde contre certaines habitudes propres au ramadhan, à savoir la consommation excessive en sucre et boissons gazeuses, avec un déséquilibre des composants des mets, faisant savoir que «les alternatives saines, plus disponibles désormais, sont en mesure d’offrir l’exigence gustative avec un minimum de calories.»
Pour sa part, le président de l’Association algérienne de protection et d’orientation du consommateur et de son environnement (Apoce), Mustapha Zebdi, a mis en avant «les déséquilibres du régime alimentaire moderne, caractérisé par une hausse des taux de sel, de sucre et de lipides», soulignant, à ce propos, le soutien de son organisation aux produits catalogués « sains», afin d’éviter qu’ils ne soient «le monopole exclusive d’une catégorie» de la population, la finalité étant «la préservation de la santé du consommateur algérien».



