
Patrimoine : la blouza algérienne à l’honneur
La blouza algérienne à l’honneur
Après deux éditions principalement consacrées à la blouza oranaise, le rendez-vous élargit son champ à plusieurs traditions locales. Des créateurs et artisans d’Oran, Alger, Mostaganem, Mascara et Tlemcen prennent part à cette nouvelle édition, offrant au public un panorama des styles qui se sont développés au fil du temps dans différentes régions du pays. L’enjeu dépasse ainsi la simple présentation de costumes traditionnels. Chaque blouza raconte une histoire locale à travers sa coupe, ses étoffes, ses broderies, ses couleurs et ses ornements. Cette diversité constitue, selon les organisateurs, l’une des principales richesses de ce patrimoine. La tradition tlemcénienne en fournit une illustration particulièrement révélatrice, avec sept à huit variantes recensées selon les modèles et les usages. Les blouzas de Mascara et de Mostaganem possèdent, elles aussi, leurs propres signatures esthétiques. Pour donner davantage de visibilité à ces créations, le festival investit également l’espace public. Un cortège de voitures anciennes traversera plusieurs artères d’Oran, avec à son bord des femmes portant différentes déclinaisons de la blouza. Cette parade sera suivie d’un défilé de mode sur un tapis rouge installé à l’extérieur de la Médiathèque d’Oran, anciennement cathédrale. Créateurs et mannequins y présenteront des modèles associant héritage et touches contemporaines. En soirée, les espaces intérieurs accueilleront des expositions permettant aux visiteurs d’observer de près les pièces présentées et le travail minutieux des artisans. Pour Lakhdar Nasreddine Toumiat, membre de «Rêve de jeunes», cette initiative vise notamment à rapprocher les jeunes de ce patrimoine et à préserver les savoir-faire qui l’accompagnent. La rencontre entend ainsi démontrer que la tradition n’est pas figée : elle peut évoluer avec la création tout en conservant ses marqueurs identitaires. À travers cette troisième édition, Oran se transforme donc en vitrine d’une mode patrimoniale plurielle, où chaque région apporte sa propre lecture d’un même symbole vestimentaire.
Yacine Redjami



