Pour faire face à la sécheresse : Oran mise sur l’agriculture résistante
Dans un contexte où les épisodes de sécheresse se multiplient et où les ressources en eau deviennent de plus en plus rares, la wilaya d’Oran déploie un programme agricole ambitieux visant à renforcer la résilience des exploitations locales.
L’initiative, lancée dans le cadre de la campagne agricole en cours, se concentre sur l’introduction de cultures capables de résister aux conditions climatiques extrêmes, tout en garantissant une rentabilité économique pour les agriculteurs. Les autorités agricoles ont choisi de privilégier des espèces à forte tolérance hydrique.
Parmi elles, l’amandier et le figuier, déjà identifiés comme particulièrement adaptés aux sols locaux et au climat semi-aride, occupent une place centrale. À titre expérimental, 26 hectares ont été plantés d’amandiers, 42 hectares de figuiers et un hectare de pistachiers. L’objectif est de tester le comportement de ces cultures sur différents types de sols et d’envisager, en cas de succès, un déploiement à plus grande échelle à travers la wilaya. Le choix de ces espèces repose sur des analyses techniques approfondies qui prennent en compte non seulement la capacité d’adaptation des plantes au stress hydrique, mais aussi leurs débouchés économiques. La production pourra ainsi être commercialisée sur les marchés locaux ou intégrée aux filières de transformation agroalimentaire, créant de nouvelles sources de revenus pour les exploitants. Selon les responsables, cette approche vise à concilier impératifs économiques et durabilité environnementale, en promouvant des cultures qui génèrent des bénéfices tout en préservant les sols. Au-delà de leur valeur économique, ces plantations jouent un rôle écologique crucial.
Elles contribuent à limiter l’érosion des terres et la progression de la désertification, tout en maintenant la fertilité des sols sur le long terme. Cette diversification des cultures offre également une sécurité accrue pour les agriculteurs, en réduisant leur dépendance à des espèces plus vulnérables aux variations climatiques. Le programme couvre plusieurs communes de la wilaya, dont Aïn El Turck, Boutlelis et Gdyel, où des parcelles stratégiques ont été sélectionnées pour accueillir ces plantations pilotes.
Les autorités locales envisagent que ce modèle puisse servir de référence pour l’ensemble du territoire, promouvant un type d’agriculture plus durable, capable de résister aux aléas climatiques tout en soutenant le développement économique. En définitive, cette initiative traduit une volonté affirmée des pouvoirs publics d’accompagner les agriculteurs dans la transition vers des pratiques agricoles adaptées aux nouvelles réalités environnementales. Si les résultats s’avèrent concluants, ce programme pourrait devenir un levier majeur pour renforcer la sécurité alimentaire, préserver les ressources naturelles et garantir la pérennité du secteur agricole à l’échelle nationale.
Yacine Redjami



