
Soutien aux causes justes : Ahmed Attaf réitère les positions constantes de l’Algérie
L’attachement de l’Algérie aux causes justes et aux droits légitimes des peuples opprimés, a été réitéré, à cette occasion, par le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf. S’exprimant lors de la cérémonie de célébration de la Journée nationale de la diplomatie algérienne, M. Attaf a affirmé que l’instauration d’un ordre international plus équitable passe nécessairement par la reconnaissance de leurs droits et le respect de leurs aspirations à l’autodétermination. Le chef de la diplomatie algérienne a dressé un constat préoccupant de la situation internationale. Il a notamment évoqué la crise profonde que traverse le système des relations internationales, marquée par un sentiment croissant de frustration, d’inquiétude et d’incertitude quant aux évolutions futures. Selon M. Attaf, ces préoccupations sont alimentées par les transformations qui affectent la scène internationale et par les interrogations qu’elles soulèvent sur la capacité de la communauté internationale à respecter les principes qu’elle s’est elle-même fixés.
Le ministre d’État a, dans ce contexte, pointé les tentatives visant à marginaliser le rôle des Nations unies, ainsi que la multiplication des pratiques contraires aux objectifs et aux principes de la Charte de l’organisation. Il a également dénoncé le recul du respect du droit international et la remise en cause de règles qui devraient s’appliquer à tous les États, sans distinction ni traitement discriminatoire dicté par les rapports de force. L’affaiblissement progressif du multilatéralisme constitue, à ses yeux, une autre source majeure de préoccupation, au moment où la coopération internationale devrait être renforcée pour faire face aux défis communs. Le repli sur soi, les tendances à l’unilatéralisme et la montée des égoïsmes nationaux contribuent, selon lui, à fragiliser davantage les mécanismes de concertation internationale. Face à cette situation, M. Attaf a rappelé la vision défendue par l’Algérie, selon laquelle la sécurité ne saurait être dissociée de la justice, la stabilité de la légitimité et le développement de la paix. Il a souligné qu’il ne pouvait y avoir d’ordre international plus juste sans la reconnaissance des droits des peuples privés de leurs droits et de ceux qui aspirent à réaliser leurs ambitions légitimes.
Sahara occidental : l’Algérie plaide pour une solution politique juste et durable
Abordant la question du Sahara occidental, le ministre a indiqué que l’Algérie avait engagé, au début de l’année, une démarche visant à contribuer à l’élaboration d’une solution politique durable et équitable à ce conflit. Cette initiative repose, a-t-il expliqué, sur la conviction qu’un règlement juste et définitif permettrait de concrétiser les droits du peuple sahraoui et d’ouvrir de nouvelles perspectives de sécurité et de stabilité pour l’ensemble de la région. Le chef de la diplomatie algérienne a insisté sur la nécessité de parvenir à une solution mettant fin au conflit, garantissant les droits du peuple du Sahara occidental, préservant la crédibilité des Nations unies et favorisant la sécurité, la stabilité ainsi que l’intégration régionale. Un tel règlement devrait également répondre aux aspirations des peuples de la région en matière de développement et de bien-être.

Le ministre a toutefois mis en garde contre toute démarche susceptible de s’écarter de ces principes ou de contourner les références internationales établies. De telles initiatives risqueraient, selon lui, d’éloigner les parties de l’objectif recherché, à savoir une solution politique juste, durable et acceptable par les deux parties au conflit, de nature à rassurer les peuples et les États de la région. Il a également exprimé l’étonnement et la préoccupation de l’Algérie face aux tentatives visant à réduire la question du Sahara occidental à un problème de réfugiés, au lieu de la considérer dans sa dimension fondamentale de question de décolonisation. M. Attaf a rappelé, à cet égard, que les réfugiés sahraouis portent une cause légitime et défendent un droit fondamental à l’autodétermination. Le ministre d’État a ainsi mis en garde contre toute tentative de contourner la légalité internationale et la doctrine constante des Nations unies en matière de décolonisation, ou de remettre en cause le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination. Il a également dénoncé toute volonté d’imposer et de légitimer un fait accompli dans les territoires du Sahara occidental.
Palestine : un soutien réaffirmé aux droits du peuple palestinien
Concernant la question palestinienne, Ahmed Attaf a renouvelé le soutien total et inconditionnel de l’Algérie aux droits légitimes et inaliénables du peuple palestinien, notamment son droit à établir un État indépendant et pleinement souverain, avec Al-Qods Al-Sharif pour capitale. Il a condamné les agressions visant la population palestinienne et insisté sur l’impératif de mettre en œuvre les résolutions relevant de la légalité internationale, afin de permettre au peuple palestinien d’exercer pleinement ses droits nationaux légitimes. Dans ce contexte, le ministre d’État a appelé la communauté internationale à se mobiliser sérieusement face à ce qu’il a qualifié de « machine génocidaire » à Ghaza et en Cisjordanie, soulignant la nécessité d’une action internationale à la hauteur de la gravité de la situation.
Évoquant la situation dans la région du Golfe, Ahmed Attaf a exprimé les regrets de l’Algérie face à l’enlisement des efforts engagés pour ouvrir des perspectives permettant de mettre un terme au conflit en cours dans cette région. Il a réaffirmé le soutien de l’Algérie aux initiatives de médiation et appelé les acteurs qui les conduisent à faire preuve de patience et à poursuivre leurs bons offices, malgré les difficultés rencontrées. Le ministre a également condamné l’escalade dont sont victimes les États et les populations de la région, réitérant le soutien et la pleine solidarité de l’Algérie avec les pays du Golfe. Il a plaidé pour la primauté du dialogue et de la raison, appelant à privilégier la sagesse et la clairvoyance afin de contenir le conflit avant qu’il ne s’étende davantage et que les conséquences de son aggravation ne deviennent insupportables pour tous.
Par ailleurs, Ahmed Attaf a dénoncé les atteintes à la souveraineté du Liban et de la Syrie imputées à l’occupant sioniste, réaffirmant la solidarité de l’Algérie avec les dirigeants et les peuples des deux pays. Il a également évoqué les situations en Libye, au Soudan, en Somalie et au Yémen, réaffirmant le soutien de l’Algérie à la légitimité dans ces pays, ainsi qu’à leur unité nationale et à leur intégrité territoriale. Il a rejeté toute démarche visant à démanteler leurs institutions, à affaiblir leurs États ou à transformer leurs crises en terrains propices aux interventions étrangères.
Sahel : la sécurité et le développement, deux priorités indissociables
Abordant les relations de l’Algérie avec son environnement régional, M. Attaf a souligné que l’Algérie accordait une importance particulière à la solidarité et au bon voisinage. Il a rappelé que la sécurité nationale algérienne était étroitement liée à celle des pays voisins et que la stabilité régionale constituait à la fois un intérêt, une responsabilité et un devoir partagés. Dans cette perspective, l’Algérie considère le Sahel non seulement comme une région confrontée à des défis sécuritaires, mais également comme un espace humain et historique intégré, où les problématiques de sécurité sont étroitement liées aux enjeux économiques, sociaux, politiques et humanitaires. Le ministre a affirmé que l’Algérie encourageait le dialogue et la réconciliation et soutenait les initiatives sincères visant à s’attaquer aux causes profondes des crises, dans le respect de la souveraineté, de l’indépendance, de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale des États concernés. Il a, à ce propos, rappelé l’analyse du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, selon laquelle les difficultés du Sahel ne peuvent être appréhendées sous le seul angle sécuritaire. Le chef de la diplomatie algérienne a estimé qu’une stabilité durable ne pouvait être obtenue uniquement par des moyens sécuritaires et militaires, ni par des interventions qui négligeraient les facteurs à l’origine des crises régionales.
Convaincue que la sécurité et la stabilité du Sahel sont directement liées aux siennes, l’Algérie poursuit ses efforts pour accompagner les pays de la région et renforcer leurs capacités, avec pour objectif de consolider les bases du développement et de la stabilité. Dans le cadre de cet engagement, M. Attaf a mis en avant les actions entreprises par l’Algérie pour soutenir le renforcement des capacités des pays du Sahel dans le domaine énergétique et contribuer au développement de leurs infrastructures. Il a notamment évoqué l’achèvement des tronçons restants de la Route transsaharienne, dont certaines parties sont réalisées par des entreprises algériennes. Il a également annoncé la mise en service, deux jours auparavant, de l’interconnexion des réseaux de fibre optique avec le Niger, une avancée qui s’inscrit dans les efforts visant à améliorer la connectivité régionale. Le ministre a, en outre, souligné l’engagement de l’Algérie en faveur de l’intégration énergétique régionale, notamment à travers le projet de gazoduc transsaharien, considéré comme un pilier essentiel de cette dynamique. Ce projet est appelé à ouvrir de nouvelles perspectives de coopération, d’intégration et de développement partagé, sur la base d’un partenariat reposant sur la répartition des bénéfices et des avantages.
M. Attaf a rappelé enfin que la conception algérienne du bon voisinage, conformément aux orientations du Président Abdelmadjid Tebboune, repose sur la nécessité de préserver collectivement la sécurité, de construire ensemble les conditions du développement et d’offrir aux populations de la région des perspectives meilleures. L’objectif, a-t-il souligné, est de permettre aux peuples de sortir du cycle des crises et de l’incertitude pour s’orienter vers davantage de sérénité, de stabilité et de dignité.
Mohand S



