Oran Aujourd'hui

Une ceinture routière périphérique encore inachevée

Bon nombre d’observateurs de la croissance urbaine de la ville pointent du doigt le déséquilibre flagrant entre le lourd investissement de plus de 1 000 milliards consacré à la réalisation du 5e boulevard périphérique et l’impact social et économique de cette infrastructure routière jugé bien insignifiant par rapport aux objectifs escomptés et annoncés par les vieilles études de faisabilité et de rentabilité de cette boucle autoroutière.
On sait que ce projet de rocade avait pour but de répondre à la nécessité de désengorger les flux de circulation et de mobilité attendus après le choix d’expansion urbaine et économique de la ville d’Oran vers sa zone Est. Un choix qui reposait aussi à l’époque sur des impératifs de développement et d’organisation du réseau routier local de la zone est, notamment le long du littoral entre Arzew, Kristel et Oran. Le très faible taux de circulation sur ce 5e boulevard périphérique serait également lié au non achèvement de ce projet toujours amputé du dernier tronçon devant boucler la boucle à Misserghine.
Le 5ème boulevard périphérique est une ceinture routière autour de l’agglomération d’Oran visant à désengorger la circulation et à relier les zones périphériques Est-Ouest. Inscrit en 2010 dans le Programme complémentaire de soutien à la croissance (PCSC), ce projet devait relier Misserghine et la sortie Ouest de la ville aux nouvelles zones urbaines à l’est d’Oran. Mais après plusieurs années de travaux, seule la première phase du projet, soit un tronçon de de 21 km entre Belgaid et El Kerma a été réalisée et mise en service en 2020. Dès le départ le projet a été marqué des retards dans les ouvrages d’art et dans la coordination des travaux.
Mais bien qu’ouvert à la circulation ce premier tronçon de 21 km, ne constitue qu’une partie du projet global et ne relie donc pas comme prévu les deux zones Est et Ouest de la ville. Il faut rappeler que cette deuxième et dernière phase, devant connecter El Kerma à Misserghine est depuis plusieurs années bloquée, «gelée» pour raisons financières et également des contraintes techniques liées à la proximité de certaines zones sensibles, notamment le périmètre de l’aéroport. Il est évident que sans la seconde tranche, cette infrastructure routière ne saurait remplir sa fonction de liaison périphérique complète entre l’Est et l’Ouest, ce qui limite fortement son impact et utilité réelle dans le réseau routier régional.
Les coûts de réalisation et les multiples avenants et réévaluations financières avaient alimenté des critiques sur la planification et la gestion du projet. Plusieurs commentateurs estiment qu’il y a eu un déficit de réflexion et de maturité du projet avant son lancement, ce qui a conduit à des phases de travaux très mal synchronisées et à une planification fragmentée, limitant l’impact urbain et économique initialement annoncé.
L’absence d’installations annexes notamment pour la signalisation adéquate, l’éclairage, et l’entretien des portions ouvertes reste aussi un facteur réduisant l’attractivité immédiate des usagers pour cette rocade inachevée.
Par S.Benali

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