Université Oran 2 : accompagner les étudiants porteurs de projets innovants
L’Université d’Oran 2 Ahmed Ben Mohamed a accueilli, mardi, une rencontre d’orientation stratégique consacrée à l’accompagnement des étudiants porteurs de projets innovants, dans le cadre du dispositif national de labellisation des initiatives entrepreneuriales.
Organisée sous l’intitulé «1275 De l’idée au label UP», cette session visait à clarifier les conditions d’accès aux labels « Projet innovant » et « Startup », devenus des leviers centraux de la politique nationale de soutien à l’innovation.
Destinée prioritairement aux étudiants en phase de finalisation de projets, la rencontre avait pour objectif principal d’expliquer les critères d’évaluation retenus par la Commission nationale de labellisation, de détailler les mécanismes d’examen des dossiers et d’identifier les principales causes de rejet. Les intervenants ont également insisté sur la nécessité d’améliorer la qualité technique et innovante des projets afin de répondre aux exigences du cahier des charges national. La séance a réuni plusieurs experts du secteur, dont Karim Brouri, membre de la commission relevant du ministère de l’Économie de la connaissance, des Startups et des Micro-entreprises, ainsi que Yassine Cheikh, directeur des opérations de la structure « Algeria Venture ». Leur intervention a permis d’apporter un éclairage précis sur le fonctionnement du système de labellisation et sur son rôle dans la structuration de l’écosystème entrepreneurial algérien.
De son côté, la responsable de l’incubateur universitaire d’Oran 2, Pr. Nawal Ben Salah, a souligné que cette initiative s’inscrit dans une dynamique visant à ancrer la culture entrepreneuriale au sein de l’université. Elle a rappelé que l’événement ambitionne de corriger certaines perceptions erronées liées à l’entrepreneuriat et aux startups, tout en mettant en avant les opportunités concrètes offertes par les réformes récentes, notamment la création du ministère dédié, la généralisation des incubateurs et accélérateurs universitaires, ainsi que l’intégration du label «Projet innovant» comme véritable carte d’identité administrative. Ce label permet notamment aux porteurs de projets de bénéficier d’allègements administratifs, d’avantages fiscaux et d’un meilleur accès aux dispositifs de financement, en particulier pour les initiatives numériques et technologiques qui ne s’inscrivent pas dans les schémas économiques traditionnels.
Intervenant à cette occasion, Karim Brouri a révélé plusieurs indicateurs illustrant l’essor de l’innovation en Algérie. Il a indiqué que la commission nationale, initialement tenue de se réunir deux fois par mois, a considérablement augmenté la fréquence de ses sessions face à l’afflux massif des demandes déposées via la plateforme nationale dz.startup.
Chaque réunion examine entre 150 et 250 dossiers de projets innovants à l’échelle nationale. Selon les mêmes sources, le nombre de candidatures peut atteindre, lors des périodes de forte affluence, entre 3 000 et 4 000 demandes mensuelles. Toutefois, malgré cet engouement, le taux d’acceptation demeure particulièrement sélectif, oscillant entre 12 % et 15 % au cours des trois dernières années. Sur près de 200 projets étudiés lors d’une seule session, seuls une quinzaine obtiennent le label, illustrant la rigueur du processus d’évaluation.
Les projets numériques affichent, par ailleurs, un taux d’acceptation plus élevé, en raison de la facilité de développement des prototypes, des coûts de lancement réduits et de leur adéquation avec les priorités stratégiques nationales, notamment dans les domaines de l’intelligence artificielle, de la sécurité alimentaire et de la sécurité hydrique.
Pour sa part, Yassine Cheikh a présenté le rôle d’« Algeria Venture », structure publique chargée de stimuler l’innovation et l’entrepreneuriat, soulignant l’importance de ces rencontres pédagogiques pour familiariser les étudiants avec les concepts d’incubation, d’accélération et d’écosystème startup. Il a relevé l’intérêt marqué des étudiants et la richesse des échanges, tout en annonçant l’organisation prochaine de nouvelles sessions.
Enfin, il a dévoilé le programme d’activités à venir, incluant deux promotions du programme national d’accélération durant l’année en cours, ainsi qu’une participation à plusieurs événements internationaux dédiés aux startups, dont un sommet prévu en février et la cinquième édition de la conférence africaine des startups en décembre. Il a également évoqué la relance possible du programme ASEP (Algerian Startup Expédition Program), une initiative ayant déjà permis à plus de 400 startups algériennes d’explorer les principaux pôles mondiaux de l’innovation.
Yacine Redjami

