Le grand désordre
De plus en plus d’experts et d’analystes affirment que le monde est entré dans un nouvel ordre mondial. Mais en réalité la situation semble bien plus inquiétante qu’un simple nouvel ordre mondial. Car au fond des choses, et au vu de toutes ces secousses qui ébranlent plusieurs régions de la planète, on n’est pas entré uniquement dans un nouvel ordre mondial, mais plutôt dans un désordre mondial.
Les règles, les lois et le droit qui régissaient les relations internationales, depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, ont tendance à disparaître pour laisser place à une nouvelle logique basée essentiellement sur ce qui est connu sous l’appellation de la loi du plus fort.
Un concept que l’entité sioniste impose depuis plus de deux ans en Cisjordanie occupée et surtout à Ghaza, où un massacre des plus barbares est commis contre la population civile palestinienne sans que personne n’y mette fin. Netanyahou a balayé le droit international depuis fort longtemps et a consacré, de manière quasi irréversible, la marginalisation de l’ONU, institution mise en place par les vainqueurs de la guerre mondiale, après 1945, pour éviter qu’une telle guerre ne se reproduise et pour prôner et même imposer la paix à tous les pays.
Mais force est de reconnaître que l’institution onusienne n’a plus aucune emprise sur l’accélération des choses et la multiplication des conflits, face auxquels, elle reste impuissante. Et le dernier clou dans le cercueil de l’ONU a été planté en ce début d’année 2026 par le président américain, Donald Trump, qui a attaqué le Venezuela et kidnappé son président, Nicolas Maduro, pour qu’il soit jugé aux États-Unis et selon les lois américaines. De facto, la Cour Internationale de Justice (CIJ) est reléguée au rang de spectateur impuissant, et avec elle, le droit international.
On est aujourd’hui dans une partie à trois, entre les Américains, les Russes et les Chinois. Les seules puissances qui ont désormais toute latitude à façonner leur région à leur convenance et intérêt. L’Europe, elle, est le grand absent de ce nouvel ordre, ou plutôt désordre mondial, qui dessinera les relations internationales dans le futur.
Trump a accéléré les événements, et le silence qui a suivi son opération au Venezuela, malgré son illégalité et son ignorance totale du droit international, a donné le tempo sur la dangereuse tangente prises par les relations internationales, qui seront de plus en plus tendues et qui pourraient finir dans le chaos généralisé, où la souveraineté des États n’aura plus aucun sens, car seule la logique des puissants sera dominante.
Par Abdelmadjid Blidi