Les maires et le dialogue
Les maires de la République ont célébré, avant-hier, la Journée nationale de la commune. La date, censée concerner des dizaines de milliers d’élus et l’ensemble de la communauté nationale est passée quasi inaperçue. Quelques communiqués de circonstances ont « décoré » cette journée qui a eu tous les attributs de la banalité habituelle. A se demander si les élus eux-mêmes connaissent l’existence de cette célébration qui figure sur la liste des événements officiels de la République. On peut en douter à voir l’absence de manifestations visibles aux quatre coins du pays. Cet état de fait illustre le hiatus qu’il y a entre les Algériens et la première cellule de l’administration nationale. On est amené à corroborer pareilles thèses lorsqu’on constate qu’aucune activité n’est venue marquer cette journée. La moindre des «politesses» aurait été d’organiser un débat avec les administrés pour leur expliquer éventuellement la nature des difficultés que rencontrent les maires. Un dialogue fécond, ne serait-ce que le temps d’une journée par an, rapprochera l’institution locale des Algériens.
Ce n’est pas révéler un secret d’affirmer que les attentes des citoyens sont nombreuses et leur prise en charge est une nécessité de l’heure. Et pour cause, les problèmes se sont accumulés, sans que les maires n’aient pu trouver un moyen d’en solutionner au moins une partie. D’où les vertus du dialogue. Celui-ci n’a visiblement pas eu lieu. Pourtant, on aurait découvert les plusieurs tares dont souffrent les communes du pays, à commencer par la raréfaction presque systématique des finances. La grande majorité des APC vivent, en effet, avec des budgets modestes et leurs premiers responsables se débattent, tout le long de leur mandat, dans des considérations souvent éloignées de leur mission véritable. On en arrive dans une bonne partie des APC avec un maire qui passe son temps à fuir le citoyen qui l’a élu et s’installe dans la logique du prisonnier qui compte à rebours les jours qui lui restent à la tête de sa commune.
Les citoyens, eux, ont tout à fait le droit de revendiquer une vie meilleure. Nombre parmi ces citoyens sont des pères et des mères de familles qui désirent vivre dans la propreté, régler leurs affaires administratives sans stress, pouvoir inscrire leurs enfants à des activités sportives sans avoir à chercher une relation à la mairie ou encore soigner sa famille dans le dispensaire du quartier dans une ambiance saine et sereine.
Ce sont là les principales attentes des citoyens qui seront bientôt convoqués à l’occasion des prochaines échéances électorales de 2026. Cette journée était supposée être une occasion rêvée d’ouvrir ce débat. Mais force est de constater que cela n’a pas été une priorité pour la grande majorité des maires. Ceci pour dire que les maires qui seront élus lors des prochaines élections locales auront manifestement beaucoup de pain sur planche. Et s’il faut un conseil, ce serait celui d’ouvrir des canaux de communication avec les citoyens. Et pourquoi pas le 18 janvier 2027…
Par Nabil.G