L’urgente réhabilitation du quartier de Sidi El Houari
Le wali d’Oran a présidé lundi dernier une réunion de travail consacrée à l’examen de plusieurs dossiers liés à l’aménagement urbain, à la valorisation du patrimoine et au soutien à l’investissement local. Cette rencontre, tenue en présence des chefs de daïras et des membres de l’exécutif a permis «de dresser un état des lieux précis des projets en cours et de fixer une feuille de route rigoureuse pour leur concrétisation». Parmi les grands dossiers abordés figurait, encore une fois, l’examen du « plan permanent de sauvegarde et de réhabilitation du secteur classé de Sidi El Houari». Ce plan a été exposé au wali en poste par la directrice de la culture et le bureau d’études concerné. Il s’agit, rappelons-le, d’un vaste programme visant à restaurer durablement le quartier historique emblématique d’Oran, à travers une approche combinée de préservation du cachet architectural, de protection du patrimoine bâti et d’amélioration du cadre de vie des habitants. Le wali a avant tout souligné l’urgence de finaliser la dernière phase de l’étude afin de permettre de retenir les décisions finales concernant le devenir des immeubles du vieux bâti recensés. Des vieilles constructions qui ont fait l’objet dans le passé de plusieurs opérations de classification, mais qui d’une décennie à une autre, nécessitent un nouveau recensement et classement en fonction de leur degré de fragilité. Mais on sait qu’entre-temps plusieurs vieilles bâtisses se sont effondrées et d’autres représentent encore un réel danger d’affaissement menaçant passants et riverains dans cette zone urbaine classée. Aujourd’hui la situation reste marquée par le débat et les polémiques entre partisans de la démolition pour des raisons évidentes de sécurité, et militants pour la conservation et la restauration au nom du légitime besoin de préservation du patrimoine urbain historique. Pour bon nombre d’observateurs avisés, la seule préservation du bâti ancien au quartier de Sidi El Houari ne suffira pas forcément à assurer une intégration harmonieuse du site dans un éventuel circuit touristique historique et attractif. Tant il est vrai que le vieux quartier a perdu non seulement des vieilles bâtisses, mais aussi, voire surtout, ses vieux repères sociaux, culturels et sportifs reflétés jadis en divers endroits telles que d’anciennes ruelles, cafés, monuments ou structures sportives abandonnées, à l’image des anciens bains, de la mosquée du Pacha, ou de la vieille piscine Bastrana aujourd’hui oubliée. Après des décennies, et près d’une trentaine de wali successifs qui se sont installés au chevet de Sidi El Houari, le vieux quartier d’Oran reste toujours au cœur des préoccupations des pouvoirs publics. Le wali en exercice vient à son tour d’ordonner la mise en place d’une commission spéciale chargée d’assurer le suivi permanent du dossier et d’accélérer les mesures retenues pour la réhabilitation du quartier. Il a aussi rappelé à juste titre, l’impératif de «préserver l’identité architecturale et historique de Sidi El Houari» . Malheureusement, depuis plus de cinquante ans, le squat des vieux immeubles évacuées et abandonnés, la réappropriation de l’espace par de nouveaux occupants, le laxisme et l’incompétence de l’ancien mode gestion des opérations de logements et de démolition, et surtout l’absence de stratégie globale de restructuration urbaine, ne pouvait que faire reculer l’espoir de voir un jour Sidi El Houari renaître de ses ruines et faire taire les lamentations.
Par S.Benali