
Élections locales : la commune au cœur des enjeux de développement
Lancée hier, la nouvelle émission « Forum N’Tis Snat » de la Chaîne 2 a placé les élections locales au centre du débat, autour du thème : « Élections locales… la commune, pilier du développement ». Ce premier rendez-vous a réuni plusieurs intervenants pour décrypter les enjeux du scrutin, présenter les données relatives aux candidatures et souligner l’importance des collectivités locales dans la dynamique de développement du pays. Intervenant lors de ce forum, Moussa Amara, représentant de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), a présenté les chiffres relatifs aux déclarations de candidatures enregistrées. Pour les élections des assemblées populaires communales (APC), l’Autorité a reçu 5 631 listes présentées par des partis politiques, 239 listes indépendantes et 21 listes d’alliance. Concernant les élections des assemblées populaires de wilaya (APW), le nombre de listes déposées s’élève à 434, dont 405 présentées par des partis politiques, 24 listes indépendantes et cinq listes d’alliance.
Moussa Amara a également souligné que l’ANIE œuvre à réunir les conditions nécessaires au bon déroulement des élections locales. Cette préparation repose sur un programme préétabli et une coordination avec les différents acteurs et partenaires concernés. Il a assuré que l’Autorité était pleinement mobilisée pour l’organisation des échéances électorales, tant au niveau local que national.
Pour le professeur Makhlouf Sahel, spécialiste des questions politiques, le respect des échéances électorales constitutionnelles constitue un élément important dans la consolidation du processus démocratique en Algérie. Les élections locales s’inscrivent, selon lui, dans la continuité du parcours électoral national, après les élections législatives et les précédents scrutins présidentiel et de renouvellement par moitié des membres du Conseil de la nation. L’universitaire a particulièrement insisté sur la place des assemblées locales dans la mise en œuvre d’une gouvernance de proximité, fondée sur la décentralisation et une plus grande implication des collectivités dans le développement. Il a rappelé que la commune est appelée à évoluer vers un modèle davantage orienté vers la création de richesse, conformément à l’approche portée par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, et dans le contexte des modifications apportées aux textes régissant la commune et la wilaya.

De son côté, le professeur Kaïs Cherif, spécialiste du droit constitutionnel, a estimé que les chiffres communiqués par l’ANIE étaient globalement encourageants. Malgré le recul du nombre de listes indépendantes, il a relevé une hausse du nombre de candidats par rapport aux élections de 2021, qu’il a notamment liée à l’augmentation du nombre de postes à pourvoir et au nouveau découpage administratif. Il a, par ailleurs, rappelé que la loi organique relative au régime électoral encadre les différentes étapes du processus ainsi que les conditions légales de candidature. Le respect de ces dispositions demeure, selon lui, essentiel au bon déroulement du scrutin.
La question du rôle des médias a également occupé une place importante dans les échanges. Le professeur Samir Ardjoun, enseignant à l’École nationale supérieure de journalisme et des sciences de l’information et des sciences politiques, a mis en avant leur responsabilité dans l’accompagnement du processus électoral. Au-delà de la couverture de l’actualité, les médias contribuent à informer les citoyens à chaque étape du scrutin et à leur permettre de mieux comprendre les enjeux du vote. Ils offrent également aux candidats des espaces d’expression pour présenter leurs programmes, défendre leurs propositions et dialoguer avec les électeurs.
À travers ce premier numéro, « Forum N’Tis Snat » a ainsi ouvert le débat sur les dimensions institutionnelles, politiques et citoyennes des élections locales. Les échanges ont rappelé que l’enjeu dépasse le seul rendez-vous électoral : il concerne aussi la place de la commune dans le développement territorial, la qualité de la gouvernance locale et la participation des citoyens à la vie publique.
Noreddine Oumessaoud



