Un pays qui change de catégorie
Un pays qui change de catégorie
Or les signes d’une économie qui s’élargit sont là. La filière minière en offre l’illustration la plus parlante. Le sous-sol national recèle du fer, du phosphate, du zinc et bien d’autres richesses. Leur exploitation, adossée aux voies ferrées et aux capacités industrielles qu’elle appelle, peut faire naître de véritables chaînes de transformation locales. C’est à ce moment qu’un pays change de catégorie. La mécanique suit la même pente. Automobile, matériel agricole, sous-traitance industrielle. Le défi consiste désormais à accroître la part de fabrication locale, afin que l’assemblage cède progressivement la place à une production maîtrisée de bout en bout. L’électronique, enfin, porte une promesse particulière. Les industriels algériens ont prouvé qu’ils savaient répondre à la demande du marché intérieur, et plusieurs lorgnent déjà vers l’Afrique, où les besoins sont immenses. Ce secteur, plus que tout autre, parle à la jeunesse du pays. Il appelle des ingénieurs, des techniciens, des chercheurs, et peut donner un sens concret à l’économie de la connaissance.
Ces filières n’égalent pas encore le poids des hydrocarbures, mais elles esquissent l’Algérie de demain. Les devises tirées du pétrole et du gaz doivent précisément servir de carburant à cette transition. Elles peuvent financer la formation, la recherche, la logistique et un climat des affaires lisible, autant de conditions pour que l’investissement productif prenne le relais de la rente.
L’émergence ne se décrète pas. Elle se construit dans la patience, par des choix de long terme, et dans la capacité d’une nation à transformer une conjoncture favorable en bases durables. Les hydrocarbures offrent aujourd’hui du temps et des moyens. Il appartient à l’Algérie d’en faire le socle d’une économie diversifiée, moins exposée aux humeurs du marché et plus fidèle à ses ambitions.