
Une économie algérienne en mutation : cap sur la production hors hydrocarbures
L’Algérie enregistre, ces dernières années, des progrès économiques visibles, notamment grâce à la dynamique de réforme engagée depuis l’arrivée au pouvoir du Président Abdelmadjid Tebboune.
Des secteurs clés comme l’agriculture, l’industrie et la transformation numérique connaissent une relance progressive, tandis que les exportations hors hydrocarbures affichent une tendance haussière, confirmant une volonté politique claire de réduire la dépendance aux recettes pétrolières.
Invité hier de la Radio Algérie Internationale, le professeur Mohamed Himrane, spécialiste en économie et en finances internationales, a salué ces avancées, soulignant que l’État œuvre depuis plusieurs années à diversifier la production nationale et à stimuler les exportations hors hydrocarbures. Selon lui, plusieurs objectifs importants ont déjà été atteints, et les attentes sont aujourd’hui plus grandes encore, notamment dans des secteurs stratégiques tels que l’agriculture, l’industrie et la numérisation. Le professeur a indiqué que l’Algérie a réalisé des progrès significatifs dans le domaine agricole et aspire désormais à accélérer le développement industriel, en particulier à travers le lancement de grands projets structurants comme celui du gisement de Gara Djebilet, en plus de nombreux projets miniers et industriels dont le nombre dépasserait, selon lui, 19000 projets.
Sur le plan macroéconomique, Mohamed Himrane rappelle que le pays enregistre une amélioration des indicateurs financiers, citant à titre d’exemple la baisse de l’inflation passée de 9 % en 2022 à près de 4 % aujourd’hui, avec la perspective d’atteindre 2 % d’ici la fin de l’année. Il évoque également une croissance économique attendue à 4,1 % à l’horizon 2027, portée par la hausse de l’investissement productif et la création de richesse et d’emplois.
Cependant, malgré ces signaux encourageants, le défi majeur pour l’Algérie en 2026 demeure la diversification réelle de l’économie hors hydrocarbures. Le professeur Himrane a mis en garde contre les risques de dépendance à une seule ressource, notamment dans un contexte international instable où la concurrence devient de plus en plus rude et dominée par des rapports de force plutôt que par la seule compétence ou la concurrence loyale. Il estime ainsi que la transformation économique ne peut reposer uniquement sur l’investissement public, appelant à une plus grande implication du secteur privé et au renforcement des partenariats étrangers, afin de soutenir durablement la croissance. Le professeur Mohamed Himrane souligne que les crises mondiales liées au pétrole, comme le montre l’exemple du Venezuela, rappellent l’urgence pour l’Algérie de diversifier ses sources de revenus. Une économie moins dépendante des hydrocarbures permettra, selon lui, de mieux résister aux fluctuations des marchés mondiaux et de consolider la souveraineté économique du pays.
Noreddine Oumessaoud



