Ces anciens projets annoncés, puis bloqués ou abandonnés
Le métro d’Oran est sans doute l’un des plus grands mégaprojets urbains annoncé et mis en veilleuse à Oran. Ce projet urbain emblématique, qui semble bien pour l’instant abandonné , devait couvrir environ 19 à 20 km, avec une vingtaine de stations et des lignes reliant le centre-ville à Es Sénia, Bir El Djir, et les grands pôles urbains et universitaires. L’ objectif étant de réduire la congestion automobile, de structurer la croissance de la ville et de créer un réseau multimodal avec le tramway.
Mais cet ambitieux projet a été différé pour différentes raisons, notamment le coût extrêmement élevé, le gel des investissements publics en 2015, et la priorité accordée au tramway. Devenu aujourd’hui, «un projet théorique» sans perspectives ni calendrier, ce projet de métro rangé dans les tiroirs attend des jours meilleurs. L’autre grand projet plusieurs fois annoncé sans élan de concrétisation est celui de la grande marina sur le littoral oranais. Ce projet visait, disait-on, à renforcer l’attractivité touristique de la ville en quête de statut de métropole méditerranéenne moderne.
Il prévoyait la réalisation de quais d’accotement pour grands yachts et bateaux de plaisance, des hôtels et des résidences haut de gamme, des centres commerciaux, et des aires de loisirs et de divertissements. Entre 2008-2012, bien d’autres initiatives de projets étaient proposées, parfois lancées mais très partiellement réalisées. A l’image du projet de parc technologique ou «Technopole d’Oran» inspiré des technopoles modernes.
Ce projet visait à la création d’incubateurs de startups, des centres de recherche et d’entreprises technologiques en partenariat avec l’université. Ce projet qui devait être implanté près de l’Université Oran 2 Mohamed Ben Ahmed au pôle universitaire de Belgaid, a été réduit à une version rudimentaire minimaliste. Il semble même aujourd’hui dépassé après l’annonce d’un grand projet de cité scientifique devant être réalisée sur le site de la Sebkha d’Oran. Le projet de la grande «zone administrative d’Oran» était également présenté comme une grande opération urbaine visant à regrouper toutes les structures, directions, services de wilaya et services administratifs, y compris les organismes publics, dans l’objectif de désengorger le centre-ville . Un projet implanté dans la périphérie est d’Oran, qui n’a pas dépassé le stade de la planification. Tandis que des opérations étaient lancées ici et là pour la construction de sièges administratifs divers éparpillés sur le tissu urbain, moins d’une dizaine seulement de directions de wilaya ont été regroupées dans de nouveaux locaux construits à la sortie est de la ville.
Sur ce registre on peut également citer la mégazone touristique prévue à Aïn El-Turck. Un projet massif visant à développer le tourisme balnéaire et l’économie locale. La fameuse ZET, Zone d’expansion touristique de Aïn El-Turck, incluant Cap Falcon et Les Andalouses devait, selon les annonces, accueillir divers projets tels que des hôtels de haut standing, des centres de loisirs, des structures de thalassothérapie et même un port de plaisance. Malheureusement, ce grand projet de ZET a été freiné et pénalisé par un ensemble de blocages structurels, juridiques et urbanistiques qui se sont accumulés pendant plus de 30 ans. En matière de gestion du tissu urbain, on peut déplorer le très faible taux de réalisation des grandes opérations de réhabilitation et de restructuration des anciens quartiers de Sidi El Houari, Derb et Ras el Ain. A la place du 1er Novembre, l’hideuse carcasse de béton de dix-sept étages connue sous le nom de l’hôtel Châteauneuf, ne cesse de narguer depuis un demi-siècle le regard des Oranais.
Par S.Benali