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En accordant une exonération des frais d’introduction : la Bourse d’Alger renforce son soutien aux start-up

La Bourse d’Alger poursuit sa transformation et confirme son rôle croissant dans le financement de l’économie nationale. Le président de la Commission d’organisation et de surveillance des opérations de Bourse (COSOB), Youcef Bouzenada, a annoncé une série de mesures importantes destinées à faciliter l’accès des start-up au marché financier et à renforcer l’attractivité de la place boursière nationale, en droite ligne avec la feuille de route tracée par les plus hautes autorités du pays pour dynamiser l’économie et diversifier les sources de financement.

Intervenant, hier, dans l’émission « L’invité du matin » sur les ondes de la Radio algérienne, M. Bouzenada a affirmé que la Bourse d’Alger s’est pleinement engagée dans la mise en œuvre des orientations stratégiques visant à soutenir les entreprises innovantes, notamment les start-up, qui constituent un levier essentiel de croissance et de modernisation économique. Dans ce cadre, la COSOB a adopté récemment une décision majeure prévoyant l’exonération exceptionnelle des start-up des frais d’introduction en Bourse pour une durée de trois ans, couvrant la période allant de 2026 à 2028. Selon le responsable, cette mesure vise à lever un obstacle financier important qui freine l’accès des jeunes entreprises au marché boursier. « Cette décision s’inscrit dans le cadre des orientations du président de la République visant à offrir des sources de financement alternatives aux start-up, qui rencontrent souvent des difficultés financières durant les premières phases de leur développement », a-t-il expliqué. Il a précisé que pour bénéficier de cette exonération, les start-up doivent procéder à leur introduction en Bourse durant la période définie, et que le montant du financement levé ne doit pas dépasser 500 millions de dinars algériens. Le président de la COSOB a également indiqué que la valeur de cette exonération pourrait atteindre près de 3 millions de dinars algériens par entreprise. Ce montant couvre l’ensemble des frais habituellement exigés, notamment ceux dus à la COSOB, à la Société de gestion de la Bourse des valeurs ainsi qu’à Algérie Clearing, ce qui représente un avantage financier significatif pour les jeunes entreprises souhaitant lever des capitaux.
Ces nouvelles mesures s’inscrivent dans le prolongement des réformes engagées depuis 2023, notamment avec la création du « marché de croissance » au sein de la Bourse d’Alger. Ce compartiment a été spécialement conçu pour répondre aux besoins des petites et moyennes entreprises ainsi que des start-up, en leur offrant des conditions d’accès plus souples que celles du marché principal. Selon M. Bouzenada, cette initiative vise à offrir une alternative concrète au financement bancaire classique, dont les conditions restent souvent difficiles à remplir pour les jeunes entreprises. En effet, les start-up, en raison de la nouveauté de leurs activités et de la fragilité relative de leur structure financière, peinent fréquemment à satisfaire les exigences des établissements bancaires, notamment en matière de garanties et d’antécédents financiers. « La balle est désormais dans le camp des start-up activant sur le marché depuis au moins trois ans et souhaitant entrer en Bourse pour bénéficier de ces avantages. Il s’agit de facilités que peu de pays offrent », a-t-il souligné, mettant en avant le caractère incitatif et exceptionnel de ces mesures.
Au-delà du soutien aux start-up, le président de la COSOB a également mis en lumière la dynamique positive enregistrée par la Bourse d’Alger ces dernières années. Depuis 2025, l’institution connaît une phase de croissance notable, marquée par une augmentation significative du volume des transactions. Durant le second semestre de l’année dernière, les échanges ont ainsi dépassé les 10 milliards de dinars algériens, un niveau qui témoigne du regain de confiance des investisseurs et du renforcement de l’activité sur le marché financier national. Cette performance a été saluée à l’échelle régionale. Un rapport publié par le Fonds monétaire arabe a notamment souligné le dynamisme de la Bourse d’Alger au cours du dernier trimestre de la même année, la classant au deuxième rang des marchés financiers arabes en termes de valeur des transactions durant cette période.
Selon M. Bouzenada, cette évolution positive est le résultat direct des réformes réglementaires mises en œuvre depuis 2023. Ces réformes comprennent notamment l’adoption de 11 nouveaux textes réglementaires, ainsi que l’introduction en Bourse de banques publiques et de la première start-up, contribuant ainsi à diversifier les acteurs présents sur le marché et à stimuler les échanges. Dans le cadre de la modernisation du marché financier, la COSOB travaille également sur le développement de nouveaux mécanismes d’investissement collectif. Le responsable a ainsi révélé des projets visant à créer une ou deux nouvelles structures de placement collectif en valeurs mobilières. Ces organismes auront pour mission principale de mobiliser l’épargne des petits investisseurs et de la canaliser vers des investissements productifs, notamment les actions et les obligations cotées en Bourse. Cette démarche vise à élargir la base des investisseurs, tout en offrant de nouvelles opportunités de diversification. Le développement de ces instruments est étroitement lié à l’expansion du marché financier et à l’augmentation du nombre d’entreprises cotées, ce qui nécessite la mise en place de solutions adaptées pour répondre aux besoins croissants des investisseurs.
Par ailleurs, la COSOB a adopté un nouveau règlement relatif à la divulgation des informations financières et commerciales des sociétés cotées, remplaçant le dispositif en vigueur depuis l’an 2000. Cette réforme vise à améliorer la transparence et à renforcer la confiance des investisseurs. Le nouveau cadre impose aux entreprises cotées de publier régulièrement leurs informations financières, selon un calendrier semestriel ou annuel, et de divulguer immédiatement toute information importante susceptible d’influencer le prix de leurs titres. Il introduit également de nouvelles exigences en matière de divulgation d’informations non financières, notamment celles liées à la durabilité, à la responsabilité environnementale et à la gouvernance. Ces nouvelles dispositions seront mises en œuvre progressivement, afin de permettre aux entreprises de s’adapter aux nouvelles exigences. M. Bouzenada a souligné, enfin, que l’ensemble de ces réformes vise à renforcer la transparence, améliorer la gouvernance des entreprises et protéger les investisseurs. Elles traduisent également la volonté des autorités de faire de la Bourse d’Alger un instrument central de financement de l’économie, capable de soutenir l’émergence d’un tissu entrepreneurial dynamique et innovant.

Mohand S

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