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Énergie : une production électrique excédentaire et une ouverture stratégique vers les marchés extérieurs

L’Algérie dispose aujourd’hui d’une capacité de production électrique estimée à près de 27 000 mégawatts, un niveau largement supérieur à la consommation nationale. Cette situation ouvre de nouvelles perspectives stratégiques, notamment l’exportation de l’excédent énergétique vers les marchés régionaux et européens.

C’est, en effet, ce qu’a affirmé hier Khalil Hedna, directeur de l’information et de la communication au ministère de l’Énergie et des Énergies renouvelables, lors de son intervention, sur les ondes de la Radio nationale. Selon M. Hedna, l’amélioration du service public constitue la première priorité du programme du secteur, parallèlement à la remise en exploitation des installations à l’arrêt et au renforcement de la sécurité énergétique à l’échelle nationale. Ce socle permettra ensuite à l’Algérie de se positionner durablement sur les marchés extérieurs de l’énergie. Dans ce cadre, le ministère poursuit l’extension du réseau de raccordement au gaz naturel à l’ensemble du territoire national. Le taux de raccordement atteint actuellement environ 75 %, avec pour objectif de couvrir progressivement les zones restantes. S’inscrivant dans la stratégie nationale de transition énergétique, le responsable a rappelé le lancement du « projet du siècle », visant la production de 15 000 mégawatts d’énergies renouvelables à l’horizon 2030. La première phase, d’une capacité de 3 200 mégawatts, prévoit l’entrée en service de neuf centrales au cours de l’année 2026. À ce titre, les centrales de Laghrous (Biskra) et Tandla (El Meghaïer) devraient être mises en service d’ici la fin du mois en cours, chacune avec une capacité de 200 mégawatts. Elles viendront renforcer le parc national aux côtés d’installations existantes, telles que la centrale solaire de Gara Djebilet et la centrale éolienne d’Adrar.
M. Hedna a souligné que la vision future de l’État repose sur un mix énergétique équilibré, combinant énergies fossiles et énergies renouvelables propres, afin de garantir une transition progressive et durable. La stratégie du secteur englobe également le raccordement des zones enclavées grâce à des systèmes photovoltaïques individuels, ainsi que des solutions innovantes dans le domaine du gaz. À ce titre, des projets de stockage de propane sont en cours à Bordj Badji Mokhtar et Aïn Guezzam, dans une optique de réduction des coûts de distribution et d’optimisation du raccordement énergétique.
Le directeur de la communication du ministère a par ailleurs révélé que seulement un tiers de la production électrique nationale est actuellement consommé localement. Cette situation a conduit le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, à donner des instructions pour l’exportation de l’excédent énergétique. Parmi les projets en cours figurent l’exportation de 500 mégawatts vers la Tunisie, ainsi que des projets de fourniture d’électricité à l’Égypte et à la Libye via la Tunisie. Un projet ambitieux est également à l’étude pour l’exportation d’énergie décarbonée vers l’Italie et l’Europe, à travers une interconnexion maritime. L’hôte de la radio nationale a souligné sur la nécessité d’accélérer la numérisation du secteur, afin d’améliorer la performance des entreprises énergétiques et la qualité du service public. Plusieurs applications ont déjà été lancées pour la gestion à distance des réseaux, la maintenance, l’alerte et la communication avec les usagers. Il a précisé en outre que le ministère travaille à l’élaboration d’un modèle national de consommation énergétique, tenant compte des périodes et des régions, dans le but d’orienter les investissements, d’optimiser la planification et de mettre en œuvre un programme efficace de maîtrise de la consommation d’énergie.

Noreddine Oumessaoud

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