
Escalade au Moyen-Orient : mises en garde contre de graves conséquences humanitaires et environnementales
Les tensions continuent de s’intensifier dans le Golfe et le Moyen-Orient où l’escalade militaire se poursuivait jeudi pour le 13ème jour consécutif, marqué par la poursuite des attaques de missiles visant des zones résidentielles et des infrastructures vitales, sur fond de mises en garde contre de graves conséquences humanitaires et environnementales sur la région.
Des agences onusiennes ont alerté sur le fait que l’augmentation du nombre de victimes civiles, les déplacements massifs de populations et les dommages causés aux infrastructures vitales contribuent à aggraver la situation, alors que les perturbations affectant les routes maritimes et les voies d’acheminement de l’énergie risquent d’entraîner une hausse des prix mondiaux et d’accentuer l’insécurité alimentaire.
Dans ce contexte, le secrétaire général adjoint des Nations unies aux affaires humanitaires (OCHA) et coordonnateur des secours d’urgence de l’ONU, Tom Fletcher, a averti mercredi soir que le conflit au Moyen-Orient accentuait la pression sur les opérations humanitaires à l’échelle mondiale, perturbait les chaînes d’approvisionnement et ralentissait l’acheminement de l’aide vitale vers plusieurs zones de crise.
«Nous sommes à un moment extrêmement critique pour le Moyen-Orient, et je pense même pour le monde entier», a-t-il souligné.
Par ailleurs, l’escalade militaire dans la région a provoqué des perturbations sur les marchés mondiaux et dans les chaînes d’approvisionnement, avec la fermeture de l’espace aérien et l’arrêt du trafic maritime à travers le stratégique Détroit d’Ormuz où le trafic s’est effondré, passant de 140 navires par jour avant l’escalade à une poignée seulement.
De son côté, le porte-parole du secrétaire général de l’ONU, Stéphane Dujarric, a souligné l’urgence d’une désescalade immédiate, appelant toutes les parties à respecter le droit international humanitaire, notamment la protection des civils et des infrastructures civiles, ainsi que des établissements de santé.
Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, s’est, pour sa part, dit alarmé par l’impact croissant de la crise au Moyen-Orient sur les civils dans la région. Il a notamment signalé que les attaques répétées contre les zones résidentielles et les infrastructures vitales, notamment les hôpitaux, les écoles, les installations d’eau et les réseaux énergétiques, pourraient entraîner de graves conséquences environnementales et humanitaires. Le responsable onusien a également souligné que la chute du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz a de graves répercussions sur l’accès à l’énergie, aux denrées alimentaires et aux engrais pour les populations de la région et au-delà, en particulier pour les plus vulnérables. Les systèmes de santé dans l’ensemble de la région sont, en outre, soumis à de fortes pressions en raison de l’augmentation du nombre de blessés et de déplacés, ainsi que de la poursuite des attaques contre les établissements de santé.
Depuis le Caire, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait remarquer que, «plus de dix jours après la dernière escalade du conflit au Moyen-Orient, les systèmes de santé de toute la région sont mis à rude épreuve par l’augmentation des blessures et des déplacements de population et la poursuite des attaques contre les centres de santé». «Ces conditions augmentent le risque d’infections respiratoires, de maladies diarrhéiques et d’autres maladies transmissibles, en particulier parmi les populations les plus vulnérables, comme les femmes et les enfants», précise l’Organisation.
Des observateurs estiment, quant à eux, que la poursuite de l’escalade militaire dans la région, en l’absence de perspectives claires de désescalade, pourrait aggraver la crise humanitaire, alors que les appels internationaux se multiplient en faveur du respect du droit international humanitaire, de la protection des civils et des infrastructures civiles, ainsi que d’un retour à la voie diplomatique.



