EDITO

La fin d’une longue lune de miel

Trump n’a aucune considération pour l’Europe. Un état de fait qu’il n’a jamais caché et ne cesse de le mettre en avant à chaque fois qu’il aborde les relations entre les Etats Unis et l’Union Européenne. Sa dernière sortie a concerné une autre augmentation de droits de douanes pour le mois de février et une autre augmentation pour le mois de juin. Une menace claire malgré l’aplaventrisme affiché déjà en 2025 par l’UE et sa présidente de commission Ursula von der Leyen qui ont cédé sur tout devant le forcing du président américain.
Trump a signifié, à plusieurs reprises, que l’Europe était un boulet pour l’Amérique dont il voulait s’en défaire au plus vite et par tous les moyens possibles. Le peu de cas que fait le locataire de la Maison Blanche de l’Europe et de ses positions sur la scène internationale s’est vérifié à plusieurs reprises, notamment dans le conflit ukrainien, où le seul interlocuteur crédible pour les États-Unis restait le président russe Vladimir Poutine.
Dans cette Europe affaiblie et en perte de vitesse, Trump n’a jamais retenu ses coups pour critiquer les sorties médiatiques des leaders de ces pays, notamment celles du président français, Emmanuel Macron, dont il a dit qu’il parlait trop et qu’il ne comprenait rien. Et si les Européens feignent de n’avoir pas saisi l’essentiel, il est plus qu’évident que le divorce est bien consommé entre ceux qui étaient manifestement les alliés d’hier.
Il faut dire que les sorties nombreuses et incongrues du président français ne convainquent personne. Un président qui a perdu toute crédibilité sur la scène internationale où sa voix reste inaudible, du fait de sa grande faiblesse à l’intérieur même de son pays, où plusieurs forces politiques appellent à sa démission, et où il a perdu la main sur les évènements internes. Cette faiblesse, il ne peut la cacher en voulant jouer au leader européen, qu’il n’est plus. Un président faible intérieurement ne peut bénéficier de l’adhésion de ses pairs à l’international.
Et ce ne sont pas les derniers développements autour du sujet brûlant du Groenland qui vont améliorer les choses. La décision de certains pays européens à mener des manœuvres militaires dans ce grand territoire, dépendant du Danemark, n’a fait que fulminer encore plus le président américain qui est bien décidé à s’accaparer ce territoire de toutes les manières possibles, y compris par la force si le deal financier est refusé.
À la lumière de ces développements, il devient clair que la lune de miel qui a duré pendant plus de 80 ans entre l’Europe et les Etats Unis a bel et bien vécu.

Par Abdelmadjid Blidi

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