
Lancement imminent de l’exploitation du gisement de phosphate de Bled El Hadba et accélération des grands projets miniers
L’Algérie s’apprête à franchir une nouvelle étape dans le développement de son secteur minier, avec le lancement prévu, fin avril prochain, de l’exploitation du gisement de phosphate de Bled El Hadba.
En effet, cette annonce a été faite hier par le chef de cabinet de la secrétaire d’État chargée des Mines auprès du ministre des Hydrocarbures et des Mines, Djamel Eddine Choutri, lors de son passage sur les ondes de la Chaîne I de la Radio nationale. À cette occasion, le responsable a souligné l’existence d’une coordination étroite entre plusieurs secteurs pour la concrétisation des grands projets miniers, notamment celui du zinc et du plomb à Tala Hamza et Oued Amizour, dans la wilaya de Béjaïa. Le secteur de l’énergie prend en charge le raccordement au réseau électrique, tandis que celui des travaux publics assure la liaison routière vers l’axe autoroutier, en plus de la réalisation d’un pont reliant le site minier à la base de vie. Parallèlement, des travaux d’aménagement sont en cours au port de Béjaïa, notamment la préparation d’un quai dédié à l’exportation future.
L’hôte de la Radio nationale a également mis en avant l’importance de relancer l’industrie minière nationale, considérée désormais comme un levier essentiel de la diversification économique hors hydrocarbures. Selon lui, les grands projets structurants jouent un rôle clé dans la transformation économique et le développement des industries de transformation. Dans ce cadre, l’Algérie a engagé plusieurs projets miniers d’envergure, longtemps restés en attente de relance. Parmi eux figure le projet de Gara Djebilet, déjà entré en phase d’exploitation effective, ainsi que celui du zinc et du plomb de Tala Hamza et Oued Amizour, considéré comme stratégique au regard de l’importance de ses réserves, classées parmi les plus importantes au monde.
Notons que le zinc, relativement rare à l’échelle internationale, constitue une ressource stratégique dont l’exploitation permettra de réduire la dépendance aux importations, tout en ouvrant des perspectives pour couvrir les besoins du marché national et exporter les excédents.
A rappeler que le directeur général du groupe Sonarem, Reda Belhadj, a insisté sur la portée stratégique du projet de Béjaïa, notamment pour répondre à la demande nationale en matières premières. Il a souligné que les ressources minières sont désormais au cœur de la transformation économique moderne, dépassant le simple cadre de l’extraction pour intégrer des processus de valorisation. Selon lui, la maîtrise des ressources minières est un enjeu de souveraineté économique, indispensable au développement de filières industrielles telles que la sidérurgie. Elle permet également de réduire la facture des importations et de soutenir le développement de l’industrie de transformation. Le responsable a en outre mis en avant l’importance de la création de chaînes de valeur complètes, allant de l’extraction jusqu’aux produits finis, afin de stimuler la dynamique économique, générer des emplois et optimiser l’exploitation des ressources nationales.
Noreddine Oumessaoud



