Evênement

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Le sens d’un scrutin

Les états-majors de partis sont dans une situation d’ébullition particulière. On le comprend aisément, compte tenu du prochain rendez-vous électoral. On devine également l’agitation qui anime la base de ces partis, sachant la proportion de jeunes et de femmes dans les listes de candidature et l’interdiction légalement faite aux «dinosaures» de se représenter. Cela pour dire que l’échéance politique du 12 juin 2021 n’est pas du tout anodine. Elle préfigure d’un changement profond du paysage institutionnel national. Car, après l’APN, suivront, certainement avant la fin de l’année, les APC et les APW.
Cela étant dit, si dans la forme la scène politique va connaître une évolution significative, voire historique, dans le fond, l’Algérie se rapproche très sérieusement de la mécanique de la décision politique en occident qui, soit dit en passant, est assez simple. Elle repose sur un moteur infaillible : le suffrage universel. En France, en Italie, en Grèce et ailleurs en Europe, les crises se gèrent par la voie des élections. C’est cela la parade démocratique aux contraintes que créent les gouvernements et que doivent supporter les peuples.
Dans la sphère à déficit démocratique évident, les conflits se gèrent à coup de bâton, voir à coup de canon pour certains. On ne reconnaît pas la valeur de la pratique démocratique. Les élections ne ramènent pas grand-chose dans les corps politique et social de la société. Dans ces pays, le changement de gouvernements et de majorités au pouvoir n’agit pas forcément sur le morale des citoyens. Ces derniers continuent à croire que seuls la rue, l’émeute et l’expression publique de la frustration politique constituent des armes efficaces pour la gestion de la crise. Pourtant, les plus censés savent que ce genre de comportements aggrave la crise au lieu de la solutionner.
Chez-nous en Algérie, les prochaines élections législatives n’ont pas pour principale vocation de «gérer» une crise, mais de confirmer l’ancrage démocratique de la pratique politique, avec l’espoir de voir un jour les suffrages universels servir de mode de gestion des crises économiques. Comme en Europe. La spécificité algérienne dans ce monde en ébullition tient dans sa position à mi-chemin entre un Orient en prise avec ses démons intégristes et un occident devenu maître dans la gestion démocratique de ses crises.
Une partie de l’opinion nationale continue à vouloir en découdre dans la rue, et une autre s’est fabriquée des œillères en se contentant de l’acte de voter sans autre ambition émancipatrice. Les premiers comme les seconds ne peuvent évoluer sans société civile qui sache dire ses quatre vérités au pouvoir et à l’opposition. C’est ce que cherche désespérément l’Algérien moyen.
Par Nabil.G

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