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DÉBUT DE RAMADHAN À AÏN EL TÜRCK:
Les consommateurs rongent leurs freins

La piété, censée être retrouvée chez les commerçants d’Aïn El Türck durant ce mois sacré du ramadhan, est un vain mot. Au vu de la flambée plus qu’exagérée des prix affichés pour tous les produits de consommation, sans exception, l’on devine bien que le consommateur sera «haché» et « émietté » le long de ces 30 jours de jeûne.

Ce même consommateur qui n’aura que sa foi et sa patience pour survivre au diktat des commerçants qui ont, du jour au lendemain, plus que doublé les prix des produits de base, inégalés d’ailleurs, nulle part ailleurs. Il est vrai que la période ramadhanesque a toujours été synonyme de hausse des prix un peu partout dans les villes et contrées algériennes, mais Aïn El Türck reste une particularité. Outre la hausse des prix constatée tout au long de l’année, une hausse «spéciale ramadhan» vient s’y ajouter chaque mois de ramadhan avant d’être suivie par une hausse « spéciale estivale » chaque été, pour porter le coup de grâce aux budgets déjà meurtris des familles habitant la station balnéaire. Beaucoup de ces familles, même salariées, vont devoir compter sur les restos « Rahma » qui ouvriront leurs portes durant ce mois-ci et ce, afin de limiter les dégâts budgétaires et espérer en sortir, financièrement parlant, plus ou moins indemnes.
Ce qui est difficile à prévoir de l’avis de nombre d’entre ces familles, car les frais de l’Aïd el fitr et l’habillement des enfants, qui surviendront après la fin du carême, demeurent de sacrés sacrifices financiers. Ceci dit, la solidarité ramadhanesque certes s’organise comme de coutume socialement en vue d’alléger le fardeau des familles aux ressources limitées mais cela se fera dans le circuit caritatif qui a toujours été performant et actif à Aïn El Türck grâce à la générosité d’âme d’une grande partie de jeunes bénévoles, désintéressés et volontaires. Seule la société civile, aussi critiquable qu’elle puisse l’être, est encore capable d’apporter un minimum de réconfort à des centaines de familles nécessiteuses à Aïn El Türck, contrairement aux commerçants qui saignent, sans foi, ni loi, les consommateurs.
Des repas chauds et de qualité sont servis durant toute cette période pieuse, et dont profitent même des citoyens occasionnellement de passage. Sur ce plan là, la note complète est attribuée à ces centaines de jeunes anonymes, organisés en comités de quartiers ou pas, qui s’investissent totalement dans cette mission caritative de solidarité. Maintenant, tant que la contrée balnéaire est improductive, le chômage et la cherté du mode vie ne pourront jamais être combattus. Les mois de ramadhan se ressembleront, les saisons estivales, également, seuls, les spéculateurs et les prédateurs y trouveront leur compte. Les visages blêmes des consommateurs, déambulant, l’air hagard, parmi les étals du marché, renseignent de la profondeur de leur détresse face à cet affront que leur oppose une faune de « saigneurs».
Karim Bennacef

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