EDITO

Les exportations hors hydrocarbures : une exigence

La démonstration de la robustesse de son commerce extérieur, réalisée hier par l’Algérie à travers ses exportateurs publics et privés, constitue une source de fierté pour les citoyens qui aspirent à voir le Made in Algeria côtoyer des produits d’autres nations, renforçant ainsi leur confiance dans le potentiel de leur économie. Ce moment offre aux Algériens une occasion d’espérer, en attestant que leur pays peut trouver des débouchés à l’international au-delà du secteur pétrolier.
Même si, en termes de volume et de valeur, l’opération d’hier ne peut encore être considérée comme une référence, elle marque une étape importante. Elle demeure un indicateur sérieux d’un dynamisme futur pour l’économie nationale, et il est important d’en tirer parti. Il faut bâtir sur cette base, aussi modeste soit-elle, pour encourager nos opérateurs économiques à changer d’attitude face au marché international, et à envisager sérieusement l’option d’exporter hors hydrocarbures.
Adopter cette vision de l’économie doit devenir une constante dans le discours et la pratique de tous les acteurs politiques, sociaux et économiques du pays. Tout Algérien, quelle que soit sa responsabilité et sa place dans la hiérarchie sociale, se doit de penser à la puissance de son pays au regard des produits qu’il vend à l’étranger. L’épisode très instructif de la pâte à tartiner El Mordjane en est une parfaite illustration. Il s’agit de multiplier cet exemple au centuple. C’est dire que la capacité à exporter des produits issus du savoir-faire algérien ne se limite pas à une dimension économique. Elle repositionne notre pays sur la scène internationale.
La tendance à réduire la vision nationale à l’exportation du seul pétrole a tendance à déprécier l’image de l’Algérien, qui se sent alors incapable de valoriser autre chose. Il est impératif de rompre avec cette mentalité si nous aspirons à un développement durable. Dans cette dynamique, chaque exportation renforce la confiance en soi et assure un avenir plus serein à la société. À l’inverse, une dépendance excessive aux importations engendre une apathie collective et un sentiment d’impuissance qui gagne toutes les couches sociales. Une telle situation fragilise la souveraineté du pays, le rendant vulnérable face aux pressions néocoloniales.
Il est important de souligner que ces menaces existent déjà, et que certains intérêts étrangers guettent l’occasion d’étendre leur influence sur l’Algérie. Ce contexte ne doit pas nous faire perdre de vue l’émergence d’un signe d’espoir, celui de voir les exportations hors hydrocarbures s’imposer à tous les pays du monde. Il est essentiel de cultiver des rêves de puissance pour son pays et son économie. L’opération d’hier est une lueur qui doit nous encourager à poursuivre nos efforts pour diversifier notre économie et renforcer notre souveraineté.

Par Nabil.G

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