A la une

Lutte contre l’obésité : l’Algérie opte pour une stratégie coordonnée et durable

L’Algérie a célébré, hier, la Journée mondiale de lutte contre l’obésité à travers une cérémonie tenue à l’auditorium du ministère de la Santé, à Alger.

Présidée par le secrétaire général du ministère, M. Mohamed Talhi, représentant le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Ait Messaoudene, la rencontre s’est déroulée en présence de l’ambassadrice du Danemark en Algérie, Mme Katrine From Høyer, de la directrice du programme des Nations unies de lutte contre le sida en Algérie, Mme Soraya Alem, de la représentante de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en Algérie, ainsi que de nombreux experts et cadres de l’administration centrale. Dans un message adressé à cette occasion, le ministre a insisté sur le caractère prioritaire de la lutte contre l’obésité, qualifiée de responsabilité collective nécessitant une mobilisation globale et une réponse coordonnée aux niveaux national et international. Il a salué l’engagement constant des partenaires institutionnels et des agences des Nations unies, ainsi que l’implication des responsables des institutions nationales, des représentants des différents secteurs ministériels, des experts et des acteurs de la société civile. Le ministre a souligné que l’obésité ne saurait être réduite à une simple question d’apparence ou de poids. Il s’agit, a-t-il affirmé, d’une maladie chronique et complexe constituant un facteur de risque majeur pour plusieurs pathologies, notamment le diabète de type 2, les maladies cardiovasculaires, l’hypertension artérielle et certains types de cancers. À ces complications s’ajoutent des répercussions psychologiques et sociales importantes, impactant la qualité de vie et l’inclusion sociale des personnes concernées. Évoquant les causes de la progression de l’obésité, le ministre a mis en lumière les transformations du mode de vie observées ces dernières années, marquées par l’évolution des habitudes alimentaires, l’augmentation de la consommation de produits riches en sucres, en graisses et en sel, ainsi que par la diminution de l’activité physique. Ces facteurs combinés ont favorisé l’extension de cette pathologie au sein de la société.
Face à cette situation, le ministère de la Santé a réaffirmé son engagement à intensifier les actions de prévention et de prise en charge. À cet effet, un « Guide national de prise en charge de l’obésité » a été élaboré et diffusé. Ce document de référence, destiné aux professionnels de santé, vise à améliorer la compréhension de cette maladie et à renforcer les mécanismes de prévention et de prise en charge précoce. Le ministre a qualifié ce guide d’étape essentielle dans la structuration de la réponse nationale face à l’obésité. Par ailleurs, un second guide complémentaire a été préparé avec l’appui de l’Unicef. Centré sur la prévention et la lutte contre l’obésité en milieu scolaire, ce document ambitionne d’ancrer une culture de l’alimentation saine et de l’activité physique régulière dès le plus jeune âge. Il prévoit notamment l’intégration de l’éducation nutritionnelle dans les programmes pédagogiques et le renforcement du rôle de l’école et de la famille dans la promotion de comportements sains et durables. Le ministre a rappelé que l’éducation à la santé débute dès l’enfance et que l’investissement dans les générations montantes constitue le levier le plus efficace pour infléchir durablement la trajectoire de cette maladie. Dans le même contexte, il a indiqué que le gouvernement a consolidé la stratégie nationale de promotion de la santé à travers la mise en œuvre d’un plan national multisectoriel de lutte intégrée contre les facteurs de risque. Cette démarche s’appuie sur une coordination étroite avec les secteurs du commerce, de l’industrie, de l’agriculture et de l’éducation nationale, ainsi qu’avec la société civile. Des campagnes de sensibilisation sont ainsi déployées à l’échelle nationale afin de promouvoir une alimentation équilibrée, d’encourager la pratique régulière d’activités physiques et de renforcer la lutte contre le tabagisme.
Le ministre a toutefois souligné qu’il demeure nécessaire de poursuivre les efforts pour intégrer davantage de mesures visant à limiter la consommation excessive de sucres, de sel et de graisses, en particulier dans le domaine de la restauration collective, où des actions spécifiques sont appelées à être développées. Il a affirmé enfin qu’une approche cohérente, fondée sur une mobilisation et une volonté collectives, permettra d’inverser la tendance actuelle et de garantir un avenir plus sain aux enfants. Rappelant que la santé constitue une richesse précieuse pour chaque citoyen, il a insisté sur l’importance de préserver ce capital au sein d’une société où chacun peut aspirer à une vie saine, équilibrée et pleinement intégrée.

Mohand S

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page