
Mostaganem : colloque sur Ould Abderrahmane Kaki, un géant du théâtre algérien
L’association nationale « Kaki d’or » que préside Bouden Mohamed a organisé dans l’après midi de samedi un colloque sur le parcours artistique et dramaturgique du fondateur du théâtre algérien, Ould Abderrahmane Abdelakder dit « Kaki », à l’occasion du 31éme anniversaire de son décès, survenu le 14 février 1995.
A cette manifestation qui s’est déroulée à la maison de la culture de Mostaganem qui porte le nom de ce grand phénomène de théâtre, des universitaires, comédiens et compagnons de kaki, et des étudiants ainsi que le directeur de wilaya de la culture et des arts ont assisté. Le colloque a été aussi l’occasion d’une exposition de photographies que les participants ont visitée sous la conduite de son concepteur Bouzidi Abdelkader qui donnait des explications sur ces photos reflétant le parcours de Kaki et quelques unes des ses pièces théâtrales jouées par ses comédiens.
Un documentaire réalisé par Bouzidi mettant en évidence le grand génie de la création du théâtre algérien et de l’innovation par Kaki a été projeté. Coté conférence, il y’a eu quatre communications donnée par le professeur et chercheur Barkat qui a évoqué que lors de première rencontre avec Kaki. La professeure Henni Karima de l’université de Tlemcen a parlé de Kaki qui a pétri son théâtre algérien, en ayant recours à la sagesse soufie et à l’oralité des contes par les meddahs . Benachour Bouziane , spécialiste du quatrième art ,écrivain et journaliste dira que Kaki a su créer un théâtre algérien en conciliant l’authenticité caractérisée par la culture du terroir et les techniques occidentales.
Il était un moudjahid puisqu’il a été autorisé par le FLN a poursuivre son œuvre théâtrale durant la guerre de libération nationale pour éveiller les consciences des Algériens durant la guerre de libération nationale, alors que toutes activités culturelles et sportifs ont été interdites aux algériens.
A son tour, le docteur Bencheida Mansour, professeur d’université en retraite dira que Ould Abderrahmane Abdelkader est né le 18 février 1934 au faubourg populaire de Tighditt à Mostaganem où se croisaient soufisme, contes populaire racontés par des meddahs , secoutisme et cinéma. Ayant fréquenté l’école primaire « jean Maire », actuellement Mehdi Benkhada au dit faubourg jusqu’à l’obtention du certificat d’étude primaire , Kaki aimait écouter les meddahs et était passionné du cinéma « lux » situé à Tighitt . Tout jeune, il a adhéré au groupe scout « Fellah » où le grand homme de théâtre Djillali Benabdelhalim l’a initié au quatrième art, dont il était voué.
Ensuite, Kaki adhéra à l’association Saidia où il y avait une section théâtrale à laquelle il participait. Ensuite en 1959, Kaki se détache et crée sa propre troupe « garagouz », s’entoure de jeunes comédiens tous issus de Tigditt.
Ainsi , il a su se frayer un chemin dans le monde du quatrième art tout en devenant un grand dramaturge, inspiré par les grands du théâtre universel et les conteurs algériens « gouals » qui véhiculaient par l’oralité une culture algérienne millénaire. Kaki a su mettre en symbiose les deux courants et créer sa propre voie théâtrale qui interpelle le citadin et le paysan.
Ainsi, la halka de Kaki réussit à insérer le verbe du meddah , si prépondérant dans l’oralité dans la liturgie théâtrale . Auparavant, Bouden Mohamed dans son discours de bienvenue dira que Kaki a joué à Alger dans la soirée du 31 octobre 1962 sa grande pièce théâtrale « 132 ans » en présence du défunt président Benbella et d’Ernesto Che Guevara.
En 1966 à Tunis, Kaki a été gratifié de la médaille d’or au festival arabe africain. EN 1989, il eût la médaille d’or au festival du théâtre expérimental du Caire. A l’issue des interventions, un débat s’est instauré.
Charef .N



