
Moyen-Orient : après plus d’un mois de conflit, les efforts diplomatiques pour désamorcer la situation se poursuivent
Alors que des efforts diplomatiques pour désamorcer la situation au Moyen-Orient et empêcher la propagation du conflit sont en cours, la persistance des menaces pesant sur les infrastructures énergétiques critiques de la région maintient les risques d’escalade à un niveau élevé.
Lundi, des sources proches des négociations assuraient que les parties au conflit et des médiateurs régionaux discutaient des modalités d’une trêve de 45 jours qui pourrait mener à un cessez-le-feu définitif. La Russie a exprimé, à ce titre, «l’espoir que les efforts entrepris par un certain nombre de pays pour désamorcer les tensions (…) aboutiront», plaidant pour «le retour des négociations» et pour l’abandon du «langage des ultimatums». Selon des médias officiels chinois, le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a déclaré dimanche à son homologue russe Sergueï Lavrov qu’il souhaitait travailler avec lui en vue d’une «désescalade» au Moyen-Orient.
Lors d’une conversation téléphonique à l’initiative de M. Lavrov, Wang Yi lui a déclaré que «la Chine et la Russie doivent faire respecter l’équité sur les grandes questions de principe». Wang Yi a réitéré, à l’occasion, l’appel de la Chine à «un cessez-le-feu immédiat» dans ce conflit, exprimant le souhait de son pays de «poursuivre sa coopération avec la Russie au Conseil de sécurité de l’ONU, à communiquer rapidement sur les questions majeures et à déployer des efforts en vue d’une désescalade et du maintien de la paix et de la stabilité régionales, et de la sécurité mondiale». Le président du Conseil européen, Antonio Costa, a plaidé, quant à lui, pour «une solution diplomatique» au conflit. «Après cinq semaines de guerre au Moyen-Orient, il est clair que seule une solution diplomatique permettra de s’attaquer à ses causes profondes», a-t-il écrit dans un message sur les réseaux sociaux, au 38e jour de l’escalade militaire au Moyen-Orient. Sur le plan économique, l’impact du conflit au Moyen-Orient sur l’économie mondiale se précise.
Les menaces sur les infrastructures énergétiques et les perturbations du commerce maritime dans le Golfe alimentent les inquiétudes sur l’approvisionnement énergétique et la stabilité des chaînes logistiques internationales, provoquant l’envolée des prix mondiaux du pétrole et du gaz.
Lundi, le pétrole s’est installé autour des 110 dollars le baril, dans un marché suspendu au conflit au Moyen-Orient et aux menaces pesant sur les infrastructures énergétiques vitales de la région. Les perturbations des flux d’or noir et de gaz naturel qui durent depuis plus d’un mois, ont déjà engendré une flambée des prix de l’essence et du gazole dans de nombreux pays. Pour tenter de rassurer les marchés et alléger les difficultés d’approvisionnement mondial en pétrole, les membres de l’OPEP+ ont décidé dimanche d’augmenter une nouvelle fois les quotas de production de pétrole. Les pays de l’OPEP+ ont convenu, en effet, «de mettre en œuvre un ajustement de la production» de 206.000 barils par jour (bpj) à partir du mois de mai, selon un communiqué.
Le 1er mars, les huit pays composant l’OPEP+ avaient déjà augmenté les quotas de production de pétrole de 206.000 barils par jour pour le mois d’avril. Au-delà du seul secteur des hydrocarbures, les répercussions du conflit au Moyen-Orient s’étendent déjà à de nombreuses filières économiques, notamment financières. En raison de la flambée des prix énergétiques, plusieurs banques centrales ont déjà alerté sur un retour de l’inflation, ce qui laisse présager de nouvelles hausses des taux d’intérêt, au risque de peser sur l’or, actif valeur-refuge.



