Oran

Oliviers, pistachiers et figuiers : Oran renforce ses filières agricoles

Un vaste programme de plantation de plus de 72 000 arbustes résistants vient d’être lancé dans la wilaya d’Oran, mobilisant cinq pépinières et institutions spécialisées dans la production agricole et les travaux ruraux.

Selon la direction des services agricoles (DSA), l’opération bénéficie d’une enveloppe de plus de 60 millions de dinars et concerne six daïras de la wilaya, avec pour objectif de revitaliser les filières fruitières et fourragères locales. Dans ce cadre, la DSA d’Oran a attribué des lots de travaux spécifiques pour l’introduction d’arbres fruitiers résistants, notamment le figuier, le noyer et le pistachier.
Les communes d’Es Senia et Oued Tlelat abriteront ainsi la mise en terre de 16 500 jeunes plants, dont 11 000 d’amandiers et de noyers, ainsi que 5 500 plants de pistachiers et de figuiers. Ce chantier, estimé à plus de 17,5 millions de dinars, devra être mené en 25 jours. Parallèlement, un financement complémentaire a été dégagé dans le cadre du programme n°76 pour soutenir la plantation de jeunes oliviers. L’opération comprend le piquetage, l’ouverture des fosses, la mise en terre et un premier arrosage. Pas moins de 55 800 plants d’olivier seront implantés à travers six daïras, pour un montant supérieur à 44 millions de dinars. Les communes d’Es Senia et Oued Tlélat accueilleront à elles seules 31 600 arbres, tandis que Aïn Turck et Boutlelis en recevront 9 200 autres arbres, et Gdyel et Bethioua 14 200.
Des analyses préalables des sols ont été exigées avant le lancement effectif des travaux. Cette action doit renforcer la place de l’oléiculture dans la région. Ces opérations sont menées conformément au décret présidentiel n°15-247 du 16 septembre 2015, régissant les marchés publics et les délégations de service public. Elles s’inscrivent également dans l’appel à consultation n°03/2025, publié officiellement par la DSA le 2 août 2025.
Le ministère de l’Agriculture s’oriente progressivement vers un nouveau mode de financement.
Au lieu d’octroyer directement des subventions aux agriculteurs pour les projets arboricoles, le dispositif privilégie désormais un financement dit «indirect», basé sur les «projets d’initiative locale». Ce mécanisme associe divers acteurs dont des entreprises de réalisation, des pépinières agréées, des exploitants et des propriétaires fonciers, autour de projets concrets, encadrés par un cahier des charges.
Le soutien public n’est accordé qu’après la réalisation et la livraison du projet, assorti d’un dispositif technique de suivi et d’entretien (arrosage, taille, greffage, etc…). Cette nouvelle approche vise à sortir du schéma classique du soutien individuel pour structurer l’activité agricole autour de projets institutionnels et collectifs. Elle doit aussi permettre de valoriser les terres en friche ou à faible rendement, souvent détenues par des exploitants qui manquent de moyens techniques ou financiers pour les mettre en valeur.
Dans cette perspective, les espèces dites «résistantes», pistachier, figuier, amandier, olivier, caroubier, entre autres ont été retenues comme prioritaires. Le choix a été validé en concertation avec les instituts techniques spécialisés et les services sous tutelle, qui travaillent de concert avec les pépinières pour assurer une production suffisante de plants adaptés. Au-delà des chiffres, ce programme illustre une volonté basée sur la diversification de l’arboriculture à Oran, le renforcement de la résilience des cultures face aux aléas climatiques et de donner un nouveau souffle à la filière oléicole et fruitière de la région.

Yacine Redjami

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