Plaidoyer pour l’achèvement du projet de la «Corniche Est» entre Arzew et Oran
Le vieux projet dit de la «Corniche-Est» visant à créer une belle route côtière reliant Oran à Arzew le long du littoral Est de la wilaya et passant par des zones balnéaires comme Kristel et Cap Carbon est encore une fois compromis suite au rejet de son inscription au budget de la LF 2026. Les 200 milliards attendus pour boucler le financement de la dernière tranche de ce projet n’ont pas encore été accordés par les services centraux concernés.
Inscrit depuis 2015 dans la nomenclature des opérations inachevées, le projet de la Corniche-Est attend toujours le dégel des crédits de financement de la dernière phase de travaux devant permettre sa mise en service. Prévu sur une longueur totale d’environ 60 km, cette corniche est une route côtière balnéaire, conçue pour améliorer la mobilité entre Oran et Arzew, désenclaver les zones littorales comme Kristel, Carbon et d’autres petites agglomérations et favoriser le développement touristique, économique et social le long de la côte Est de la wilaya. La route comprend plusieurs tronçons dont une portion de 14 km déjà réalisée et achevée il y a plusieurs années mais non exploitée, un tronçon de 10 km sur le territoire de la commune d’Arzew qui reste en attente de bitumage, et un autre segment d’environ 8,9 km en cours de travaux.
Le projet a connu des retards et une longue période d’arrêt, notamment de la dernière phase restante. Après un accord de principe donné pour lever le gel de la dernière tranche, une enveloppe budgétaire a été prévue pour achever l’axe routier durant l’exercice 2025 écoulé. Mais bien que ce projet de corniche Est soit considéré par tous les spécialistes comme étant une liaison côtière alternative stratégique entre Oran et Arzew, un atout pour la promotion du tourisme balnéaire et l’encouragement de l’investissement dans cette région Est de la wilaya, le projet a été sanctionné par une non-inscription au budget 2026. On se souvient que le 13 août 2025, il y a à peine six mois, le ministre des Travaux Publics avait réaffirmé son engagement à «plaider» fermement pour le dégel de ce projet. Mais Oran, encore une fois, a essuyé un refus concernant la demande de fonds publics pour l’exécution de cette dernière tranche de travaux.
Et dire qu’après avoir eu l’accord de principe de la part de sa tutelle pour la levée du gel, la direction locale des travaux publics avait mis les bouchées doubles pour préparer le lancement de l’opération et n’attendait plus que la notification des crédits pour finaliser la procédure de passation du marché d’un montant estimatif de l’ordre de 2 milliards de DA.
Ce projet, qui a mobilisé l’attention de plusieurs wali successifs en poste à Oran, reste donc, malgré son importance capitale, pris en otage par le fameux principe d’obligation d’assainir la nomenclature des anciennes opérations et de lancer la totalité des projets notifiés au titre des exercices antérieurs, tous secteurs et programmes confondus, afin d’espérer obtenir de nouvelles dotations budgétaires. Mais les spécialistes locaux et observateurs avisés se demandent à juste titre pourquoi avoir décidé de lancer les travaux de réalisation de cette route côtière, à coup de dizaines de milliards, achevée à plus d’un tiers, pour procéder ensuite au gel de la dernière tranche restante du projet au nom de l’austérité budgétaire?
Par S.Benali