Pour une meilleure organisation du secteur de la récupération des déchets valorisables
Une vaste campagne a été lancée depuis plusieurs jours par la commission de protection de l’environnement, assistée par les services de police de sûreté de daïra, non seulement pour libérer les trottoirs illégalement occupés, mais également pour lutter contre les rejets et «l’éparpillement des déchets» autour des points de ramassage à travers les communes et les quartiers.
Des actes volontaires d’atteinte à l’hygiène et à l’environnement commis par des collecteurs et ramasseurs de bouteilles en plastique, cartons et objets divers récupérés anarchiquement dans les bacs de collecte des déchets ménagers. La semaine dernière, une demi-douzaine de camionnettes ont été mises en fourrière pour non-respect des normes de tri et de collecte de matières recyclables, et exercice de l’activité sans autorisation ni registre de commerce.
Une activité qui était depuis des années connue et banale sur le tissu urbain marqué par des images pénibles d’individus d’un certain âge, parfois des enfants, fouillant les bacs à ordures des quartiers et des cités, pour remplir un grand sac d’objets divers.
Et au passage, ils laissaient derrière eux des déchets et des ordures éparpillés sur le sol, parfois amoncelés en raison du ramassage tardif et de l’incivisme contagieux. Mais contrairement à l’occupation anarchique des trottoirs par des extensions illicites de commerces, un délit clairement établi et pouvant être légitimement sanctionné par une démolition justifiée, la lutte contre les «fouilleurs de poubelle» non autorisés implique une approche spécifique devant tenir compte de plusieurs aspects.
On se souvient, il y a plus d’une quinzaine d’années, des directives de différents wali en poste qui déclaraient vouloir éradiquer le «fléau» des nombreux baudets traînant une charrette sur le réseau de circulation urbaine, le long des boulevards périphériques et au centre ville. Des charrettes servant souvent à transporter les déchets valorisables collectés. Plus tard, différentes initiatives ont été prise par la direction locale de l’environnement pour encadrer l’activité de ces collecteurs, permettant même à certains de disposer d’un registre de commerce et de travailler en sous-traitance avec l’EPIC CET Oran, le centre d’enfouissement technique et de tri sélectif.
D’autres exerçaient pour le compte de différents organes comme le centre de collecte du pain rassis de M’dina Jdida ou le centre de collecte de produits valorisables à Akid Lotfi. Sans compter des entreprises privées telles que Général Emballage à Hassi Ameur qui collectent le papier et le carton. Mais il faut bien admettre que beaucoup reste encore à faire en matière de tri sélectif à la source et de respect des règles de propreté et d’hygiène urbaine.
Tant il est vrai qu’un grand nombre d’individus continuent encore d’ignorer la loi et l’ordre urbain en exerçant «au noir» cette activité qui engendre de grandes nuisances pour les riverains et leur cadre de vie. Ce secteur de la récupération et du recyclage des déchets valorisables mérite d’être encouragé, aidé et organisé à travers une démarche de gestion fiable et efficace permettant d’éliminer à moyen terme toutes les failles et les carences.
Par S.Benali