Préparatifs de la période estivale : chaque saison efface la précédente… sans la dépasser
Au détour d’une sortie sur le terrain effectuée récemment, le wali d’Oran a donné le coup d’envoi des préparatifs de la saison estivale 2026. A cet effet, indiquent les services de wilaya, «un vaste programme d’aménagement et de réhabilitation des plages a été lancé pour améliorer le cadre d’accueil des estivants et renforcer les conditions de confort et de sécurité le long des plages du littoral oranais.
Un rapport détaillé sur les travaux lancés ou envisagés a été présenté au wali par le directeur des travaux publics. Un programme qui concerne notamment l’amélioration des voies d’accès aux plages, la réalisation de parkings, le renforcement des infrastructures de base et l’amélioration de l’état des lieux général des plages et des espaces publics. Plusieurs localités balnéaires de la daira d’Aïn El-Turck, telles que La Madrague, Cap Blanc, Saint-Roch, ou même la plage des Andalouses ont été concernées par des opérations d’aménagement, réalisation de murets de soutènement, modernisation de l’éclairage public, création de parking ainsi que la réalisation de postes de la Protection civile, d’antennes de la sûreté et la gendarmerie.
À l’issue de cette visite, le wali n’a pas manqué d’insister sur la nécessité de respecter les délais de réalisation, et la qualité des travaux et de veiller à l’achèvement des opérations avant le début de la saison estivale. On ne peut évidement qu’applaudir et se féliciter du lancement de ces travaux qui prouvent s’il le fallait que les autorités locales affichent leur volonté d’améliorer sans cesse l’attractivité du littoral et d’offrir aux vacanciers et aux visiteurs des espaces balnéaires confortables et sécurisés. Mais bon nombre d’observateurs avisés pointent du doigt un certain manque de pérennité dans cette démarche de gestion du territoire des communes balnéaires faisant l’objet chaque année d’une «campagne» dédiée aux préparatifs de la saison estivale.
Chaque année, à l’approche de l’été, le même rituel technique et surtout administratif se met en place annonçant le lancement des “préparatifs de la saison”. Visites d’inspection, annonces d’opérations de nettoyage, d’entretien, de réfections urgentes et de dispositifs d’accueil. Mais selon des urbanistes, derrière ce branle-bas saisonnier, se dessine un constat préoccupant : l’absence persistante d’une véritable politique durable de gestion du littoral. Avec le temps, ces préparatifs, censés être exceptionnels, sont devenus la norme.
Ils traduisent une gouvernance réactive plutôt que planifiée, où l’urgence remplace la stratégie à moyen et à long terme. Les plages sont “revisitées et réhabilitées” chaque année, et les mêmes problèmes de voirie, d’assainissement, de sécurité, d’accès ou d’embellissement réapparaissent, comme si rien n’avait été durablement traité. Une impression de répétition qui n’est pas anodine, car elle laisse croire à une forme d’amnésie, voire un mode de gestion fondé sur l’éphémère.
Comme si le littoral oranais, un espace stratégique à forte valeur écologique, économique et sociale, devait être réduit à un décor saisonnier, entretenu à minima, pour répondre à l’afflux estival, puis abandonné le reste de l’année. Une logique qui fragilise non seulement les infrastructures, mais aussi la crédibilité de la gestion municipale. Car à force de préparer l’été sans jamais préparer l’avenir, le littoral oranais risque de s’enfermer dans un cycle de bricolage permanent, où chaque saison efface la précédente sans jamais la dépasser.
Par S.Benali