EDITO

Retour vers le futur

Le président américain, Donald Trump, qui avait pour slogan principal et même doctrinal de sa campagne électorale, de désengager son pays dans les conflits qui bouillaient aux quatre coins du monde, à commencer, à l’époque de son premier mandat, par la présence américaine en Afghanistan, a semble-t-il grandement changé de vision. Il est en fait un peu partout dans le monde, engageant la force de l’Amérique dans des aventures, calculées ou pas, sur quasiment les cinq continents.
La doctrine Maga a, paraît-il, commencé à battre de l’aile. Cette doctrine Maga, pour faire un peu de pédagogie, se décline entre autres, par ce qui est qualifié de néo-isolationnisme qui tend en premier à mettre fin aux engagements militaires et diplomatiques hérités de 1945. Un repli sur soi qui a pour premier objectif de ne s’occuper que des intérêts des USA et donner la priorité à répondre aux besoins intérieurs des Américains.
Mais, il paraît qu’on est loin de cette option, ou on n’y est pas tout à fait, puisque Trump semble, chaque jour davantage, se positionner comme le président du monde entier, multipliant les opérations militaires (éclaires, il faut le souligner) et surtout lancer les menaces à l’emporte pièce vers plusieurs pays dans le monde.
Une vision qui a connu son apogée le 3 janvier 2026, avec la spectaculaire opération au Venezuela et le kidnapping de son président Nicolas Maduro. Ceci sans parler des bombardements en Iran, en Syrie et même au Nigeria. Pour un président qui prétendait ne plus accepter de faire le gendarme du monde, force est de reconnaître que personne avant Trump n’a fait pire. Mais il ne faut pas se tromper, car la doctrine Maga, si elle rejette l’interventionnisme , n’en appelle pas moins à un hégémonisme total et un quasi droit de s’emparer de nouvelles régions (comme c’est le cas présentement avec le Groenland) et prochainement avec le Canada. Ceci sans aucune considération pour le droit international, ni les fondements des relations internationales telles que connues et reconnues jusque-là.
Trump n’a pas fini de secouer toutes les certitudes et conventions qui ont primé depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. Une politique à haut risque qui ne pourra tenir sans finir par une déstabilisation généralisée et un chaos inévitable dans les relations internationales, avec de sérieuses probabilités de confrontations militaires, y compris entre les alliés d’hier, autrement dit les alliés issus des accords d’après Deuxième guerre mondiale.
C’ est le retour à l’impérialisme pur et dur qui ne repose que sur la loi du plus fort, et rejette les vertus et idéaux d’un monde de justice et de droit international. Trump et sa philosophie Maga n’ont pas fini de faire parler d’eux et d’ébranler sérieusement le monde de ce début du 3è millénaire.

Par Abdelmadjid Blidi

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