Oran Aujourd'hui

Rue de La Bastille : le marché de tous les maux et de tous les fléaux

Outrés et révoltés par le lamentable état des lieux du marché de la rue des Aurès, plus connu sous le nom de La Bastille, des résidents du centre ville d’Oran, ont lancé sur les réseaux sociaux une «pétition citoyenne» revendiquant la réhabilitation urgente de ce site urbain commercial dégradé et abandonné à la clochardisation avancée depuis des années.
La rue de la Bastille, au cœur de la ville d’Oran, était jadis connue et fréquentée pour ses beaux étalages de fruits et légumes mais aussi pour ses commerces pittoresques d’épices et de divers produits de consommation que l’on ne pouvait trouver ailleurs en qualité et en diversité. Les viandes, le gibier, les escargots ou encore les fleurs et les plantes d’ornement avaient jadis leur place dans une agréable ambiance riche en couleurs et en bonnes odeurs. Il fut un temps ou l’on qualifiait la rue de la Bastille de «marché parisien» parmi les plus beaux d’Europe.
Pourquoi se demandent aujourd’hui hui les Oranais, tous les anciens élus et responsables locaux de passage au chevet de la ville depuis plus d’un demi siècle n’ont jamais réussi à préserver et à maintenir ce marché de la Bastille dans un état digne des ambitions d’une ville d’Oran en quête de progrès et de modernité? Pourquoi cette rue de la Bastille, située entre les deux plus grandes avenues du centre-ville, Mohamed Khemisti et Larbi Ben M’hidi, reste-t-elle aussi longtemps condamnée à subir une hideuse régression urbaine portant préjudice à l’image d’El Bahia ? Les visiteurs qui s’aventurent encore aujourd’hui en ce lieu sont horrifiés par la saleté, le sol noirâtre et cabossé , les flaques d’eau usées, les branchements électriques sauvages et dangereux, et la multitude de marchands informels squattant le moindre bout de trottoir et de chaussée pour étaler à même le sol leurs casiers de fruits, de poissons, de lait et fromages, de pain, et autres produits alimentaires exposés à l’air libre en toute impunité ? La Bastille, affirment des commentateurs, est devenue un véritable marché sauvage quotidien où aucune règle élémentaire d’hygiène, d’organisation ni même de sécurité n’est respectée.
La rue des Aurès, ex la Bastille, que l’on qualifiait jadis de «plus européen des marchés oranais», est devenue aujourd’hui un concentré de maux et de fléaux urbains bien pénalisant pour l’image et l’attractivité de la ville. Un marché de plus en plus déserté par les ménagères qui redoutent les vols, les agressions et les insanités verbales souvent proférées par des énergumènes, vendeurs reconnus ou autoproclamés.
«Faire ses courses au marché de la Bastille était autrefois un moment privilégié et apprécié, alliant l’utile à l’agréable, se lamente un vieux retraité oranais, … Mais c’est aujourd’hui un calvaire au quotidien pour les habitants de cette zone obligés de se rendre à ce marché de proximité». Malgré les promesses répétées de plusieurs anciens responsables, Maires et Walis, engagés à redonner à ce marché une belle image digne du statut de la métropole oranaise, rien n’a pu être entrepris ou réalisé pour de curieuses contraintes de «délocalisation des marchands de La Bastille» qui bloquent ce projet depuis plusieurs décennies. Ce qui fait dire à des commentateurs avisés que « La mafia des marchés de fruits et légumes à Oran est bien implantée…»

Par S.Benali

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