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Sahara Occidental : Ivry-sur-Seine adopte à l’unanimité une résolution en soutien au prisonnier Naâma Asfari

Le conseil municipal d’Ivry-sur-Seine (France) a adopté à l’unanimité une résolution en soutien au combat du prisonnier civil sahraoui et défenseur des droits humains, Naâma Asfari, citoyen d’honneur de la ville, pour sa libération et celle de ses compagnons du groupe de Gdeim Izik, réaffirmant sa solidarité absolue avec lui et l’ensemble des prisonniers politiques détenus dans les prisons marocaines en raison de leurs opinions, de leurs engagements ou de leurs activités pacifiques en faveur des droits humains.

Le vote de cette résolution est intervenu jeudi lors d’une séance plénière à laquelle a assisté une délégation sahraouie conduite par le représentant du Front Polisario en France, Mohamed Ali Zerouali. Le conseil municipal a réaffirmé son attachement au respect du droit international et des résolutions des Nations unies, ainsi que son soutien à la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) et à son rôle dans la recherche d’une solution durable au conflit, garantissant le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.

La résolution rappelle que Naâma Asfari, citoyen d’honneur de la ville depuis 2016 et défenseur des droits humains, est détenu au Maroc depuis le 7 novembre 2010, après avoir subi des actes de torture, selon le document. Il a ensuite été condamné à 30 ans de prison à l’issue de procédures judiciaires dont le respect des garanties d’un procès équitable a été contesté par des organisations de défense des droits humains.

Le conseil municipal s’est appuyé sur l’avis rendu le 27 mars 2023 par le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire, qui a conclu au caractère arbitraire de sa détention et recommandé sa libération immédiate, l’octroi d’une indemnisation appropriée et l’ouverture d’une enquête indépendante sur les violations qu’il a subies. Il a également évoqué une décision du Comité des Nations unies contre la torture, datée du 15 novembre 2016, concernant les actes de torture qui lui auraient été infligés afin de lui arracher des aveux ayant servi de fondement à sa condamnation.

La résolution évoque également la grève de la faim entamée le 23 septembre dernier par Naâma Asfari et huit autres détenus sahraouis du groupe de Gdeim Izik, pour réclamer le respect de leurs droits et l’application des engagements pris par l’administration pénitentiaire à l’issue de leur précédente grève de la faim, notamment ceux relatifs à leur rapprochement de leurs familles.

Le conseil municipal a souligné que ces engagements n’avaient pas été respectés, précisant que les conditions de visite et de communication s’étaient détériorées et que l’accès aux soins de santé avaient diminué.

Il a également souligné que le prisonnier sahraoui Naâma Asfari avait été transféré à la prison de Marrakech le 28 septembre dernier. Selon la résolution, il a mis fin à sa grève de la faim le 30 septembre, en raison de la dégradation de son état de santé et de l’atteinte à ses reins provoquée par ses grèves de la faim successives. Exprimant son inquiétude face aux risques pesant sur la santé des détenus, le Conseil d’Ivry-sur-Seine a appelé à garantir leurs droits fondamentaux, à leur assurer l’accès aux soins et à respecter leur dignité, conformément aux normes internationales en matière de droits humains.

Il a également appelé les autorités marocaines à garantir la dignité des détenus du groupe de Gdeim Izik ainsi que les droits de leurs proches, notamment celui de Claude Mangin-Asfari, épouse de Naâma Asfari, de lui rendre visite. Le conseil a chargé le maire de la ville, Philippe Bouyssou, de se rendre sur le lieu de détention du prisonnier afin de lui exprimer la solidarité de la municipalité et de s’enquérir de ses conditions de détention.

Enfin, le conseil municipal a renouvelé son appel à la poursuite des efforts des Nations unies en vue de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable, garantissant le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et permettant l’achèvement du processus de décolonisation du Sahara occidental, conformément au droit international et aux résolutions des Nations unies.

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