
SoutH2 Corridor, centrales solaires en Algérie et électrique en Afrique : les grandes ambitions de l’Algérie
De nombreuses centrales ont été mises en service ou sont en cours de réalisation, avec une capacité totale de 3.200 MW. En 2026, plusieurs unités seront opérationnelles, représentant une puissance combinée de 1.480 MW.
L’Algérie se prépare à jouer un rôle central dans le développement de l’hydrogène vert en Europe grâce à l’ambitieux SoutH2 Corridor. Ce projet vise à exporter de l’hydrogène produit localement vers plusieurs pays européens, renforçant ainsi la position stratégique de l’Algérie dans la transition énergétique mondiale. La concrétisation de cette initiative a récemment été confirmée par Khalil Hedna, directeur de l’information et de la communication au ministère de l’Énergie et des Énergies renouvelables, lors d’une intervention sur la Radio nationale. L’on y a appris que dans quelques mois, Alger sera la théâtre d’une réunion de coordination qui concernera toutes les parties impliquées dans ce projet. Cette rencontre, initiée par le ministère de l’Énergie, a pour objectif de définir les mécanismes nécessaires à la réalisation de cette opération d’envergure. Elle rassemblera des représentants d’Algérie, de Tunisie, d’Italie, d’Autriche et d’Allemagne, afin d’harmoniser leurs efforts et de planifier les actions à venir. Ce dialogue multilatéral vise à assurer une synergie efficace pour déployer cette chaîne d’exportation d’hydrogène vert, une étape cruciale dans la transition énergétique régionale.
Le SoutH2 Corridor ne se limite pas à l’exportation d’hydrogène. Il s’inscrit dans un ensemble de projets visant à renforcer l’intégration énergétique de la région. En parallèle, une étude avancée est en cours pour l’interconnexion électrique entre l’Algérie et l’Italie, qui permettra d’exporter l’électricité décarbonée produite par l’Algérie vers l’Europe. Ce projet, piloté par Sonelgaz, Sonatrach et la société italienne ENI, progresse rapidement, reflétant la détermination à faire de l’Algérie un hub énergétique majeur.
Dans la perspective de donner du sens au SoutH2 Corridor, le pays poursuit ses ambitions dans le domaine de l’énergie solaire. La stratégie nationale prévoit la réalisation de 15.000 mégawatts (MW) d’ici 2035, avec une première phase en cours, comprenant la construction de centrales dans plusieurs wilayas. Jusqu’à présent, de nombreuses centrales ont été mises en service ou sont en cours de réalisation, avec une capacité totale de 3.200 MW. En 2026, plusieurs unités seront opérationnelles, représentant une puissance combinée de 1.480 MW. La progression est rassurante : le taux d’avancement des différentes centrales est supérieur à 93% à Tendla (200 MW), 86% à El Ghrous (200 MW), 76% à El Foulia (300 MW), 62% à Khenguet Sidi Nadji (150 MW), et varie entre 50% et 60% pour d’autres sites comme Ouled Djellal, Abadla et M’sila.
Ces efforts témoignent de la volonté de l’Algérie de diversifier son bouquet énergétique, en allant vers des sources renouvelables et en intégrant des projets innovants comme le SoutH2 Corridor. Ce dernier représente un véritable saut qualitatif, en renforçant la coopération régionale et en consolidant le rôle de l’Algérie en tant que fournisseur d’énergie propre pour l’Europe. La synergie entre ces différents projets illustre une stratégie cohérente pour faire de l’Algérie un acteur clé de la transition énergétique mondiale, tout en contribuant à la sécurité énergétique de ses partenaires européens et africains.
Au-delà de ses ambitions européennes, l’Algérie étend ses efforts énergétiques en Afrique. Sonelgaz prévoit de lancer des projets de centrales électriques au Burkina Faso et au Mozambique. Ces initiatives s’inscrivent dans une stratégie de transfert de savoir-faire, avec la possibilité de former des techniciens locaux et de créer des dépôts pour le stockage de matériel, notamment des pièces détachées et équipements fabriqués localement. Cela permet non seulement de renforcer la capacité énergétique du continent, mais aussi de valoriser le savoir-faire algérien à l’international.
Anissa Mesdouf



