Oran Aujourd'hui

Une promesse suspendue entre les réalités structurelles et les aspirations au progrès

Tout au long de ces dernières années, des propositions et des annonces de projet de métro ont été plusieurs fois émises, et même une première étude a été présentée il y a quelque temps aux autorités locales, sans réussir toutefois à inscrire ce projet dans une trajectoire de prise en charge et de réalisation. Comme si cette idée de projet de métro ne répondait pas à un besoin urgent et nécessaire d’un moyen de transport souterrain. En octobre 2012, plus de vingt ans après la première annonce officielle d’un futur lancement du projet, une étude de réalisation du métro d’Oran a été présentée dans l’hémicycle de la wilaya, au wali d’Oran et aux élus locaux de l’époque. On sait que l’idée d’un métro est apparue dans les années 1980, dans un contexte où l’État ambitionnait de doter les grandes villes du pays d’infrastructures modernes, à l’image des grandes capitales méditerranéennes. Mais très vite, les toutes premières études commandées sont restées sans suite, plus tard freinées et écartées du programme par la crise économique et sociale des années 1990. Depuis, ce projet de métro pour la ville d’Oran allait prendre les allures d’une promesse qui traverse les décennies sans jamais se concrétiser. Il incarne à la fois l’espoir d’une modernisation urbaine et le symbole des lenteurs structurelles qui freinent le développement des grandes infrastructures, notamment à Oran, la capitale de l’ouest du pays, ou le transport urbain de voyageurs a prouvé ses limites et ses défaillances en termes de qualité et de professionnalisme. Oran connaît depuis longtemps une croissance démographique soutenue, une expansion urbaine rapide et une congestion routière chronique. Et en matière de mobilité et de transport, on sait que la ville et ses habitants souffrent encore de carences et insuffisances chroniques liées à l’organisation et au fonctionnement de cette mission de service public, malgré la mise en service en 2013 du tramway. Au début des années 2000, le projet refait surface avec l’amélioration des finances publiques. L’expérience du Métro d’Alger, inauguré en 2011, semblait ouvrir la voie à d’autres réseaux urbains structurants. Mais à Oran, le métro a été progressivement remplacé dans les priorités par le tramway, alors présenté comme une solution plus réaliste, moins coûteuse et plus rapide à mettre en œuvre. Un glissement révélateur de l’une des principales entraves au projet de métro : son coût. Un métro souterrain nécessite en effet des investissements colossaux, des études géotechniques complexes et une capacité de gestion technique fiable et durable. Et on sait que dans une conjoncture budgétaire moins favorable, les grands projets deviennent vulnérables aux arbitrages financiers. À cela s’ajoutent les lourdeurs administratives, les changements de gouvernance locale et nationale, ainsi que l’absence d’un calendrier clair et contraignant. Le tramway, bien qu’utile, ne suffit pas à absorber la demande croissante de mobilité. Un métro pourrait constituer un levier majeur de transformation urbaine, en favorisant la décongestion, la réduction de la pollution et la structuration d’un développement plus cohérent. En définitive, le métro d’Oran n’est pas seulement un projet de transport, il est devenu le symbole d’un rapport complexe entre les aspirations au progrès et les réalités structurelles impliquant non seulement des moyens financiers, mais surtout une vision stratégique stable, capable de dépasser les cycles administratifs et les aléas économiques.

Par S.Benali

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