Pourquoi les Epic de wilaya «Oran Vert» et «Oran-Propreté» traversent des crises financières ?
Selon des journaux oranais, L’Epic «Oran-Vert», entreprise chargée de l’entretien des espaces verts et de l’environnement dans la wilaya, serait aujourd’hui dans une situation financière critique «en raison des créances impayées par plusieurs communes».
Ce qui a entraîné, indiquent les mêmes sources, un retard de trois mois dans le paiement des salaires de bon nombre d’ouvriers. Depuis sa création par les autorités locales, après un avis favorable des élus locaux de l’Assemblée de wilaya, de cette entreprise de wilaya, l’Epic Oran-Vert a connu une hausse constante de sa charge salariale concernant aujourd’hui un effectif de près d’un millier de travailleurs et employés.
Lancée en septembre 2006, cette entreprise de wilaya a eu pour mission d’assurer un service public en matière de création d’espaces verts, d’aménagement de jardins et d’entretien des plantations et de l’environnement en milieu urbain. Avec au départ près de deux cents employés recrutés ou transférés des APC , Oran-Vert n’a pas cessé de renforcer ses effectifs afin de répondre aux actions et opérations dictées par les autorités locales dans le cadre d’un ambitieux programme d’entretien et d’embellissement de la ville.
Un programme nécessitant de plus en plus de moyens humains et matériels. Et face à des dotations budgétaires annuelles en diminution d’année en année, l’Epic allait fatalement connaître un déséquilibre et une pression financière devenue aujourd’hui insurmontable pour le budget de l’entreprise. Car au chapitre des revenus et des recettes, Oran-Vert, tout comme Oran-Propreté, ne comptent surtout que sur le paiement des travaux et prestations réalisées pour les APC, notamment la mairie d’Oran.
Une commune qui reste elle-même en déficit financier chronique et qui a bien du mal à régler ses dettes contractuelles envers les entreprises publiques de distribution d’électricité, de gaz, d’eau, et de bien d’autres fournisseurs divers.
Tirant la sonnette d’alarme face à cette situation, la direction de «Oran-Vert» a tenté de porter le dossier à l’ordre du jour de la session de l’APW qui devait se tenir lundi dernier. Selon des observateurs avertis, cette crise financière qui handicape le fonctionnement de l’ Epic «Oran-Vert» est liée à des dysfonctionnements structurels connus dans presque toutes les autres entreprises de wilaya créées pour prendre en charge des missions de base relevant des attributions des municipalités.
La gestion de l’éclairage public, de l’hygiène et de la collecte des ordures, des espaces verts et des plantations urbaines, et même du transport urbain collectif, relevait jadis d’entreprises communales aujourd’hui pour la plupart défuntes, victimes du vieux mode de gouvernance locale jadis gangréné il faut l’admettre par le laxisme, les tâtonnements et l’incompétence à tous les étages.
Les Oranais, parmi les plus âgés, se souviennent que la mairie d’Oran avait même sous sa tutelle directe son propre bureau d’études technique et architectural, avec un personnel qualifié, prenant en charge des projets communaux de construction et d’aménagements divers. Mais peu à peu, les lacunes, les paradoxes et parfois les dérives allaient fatalement conduire aux déficits, voire à la faillite financière de l’APC qui allait se débarrasser à tour de bras de toutes ses structures techniques opérationnelles. Et aux mêmes causes les mêmes effets. A défaut de pouvoir améliorer leur ressources financières, les communes ne pouvaient pas à l’évidence honorer leurs contrats et payer les factures de travaux et prestations présentées par les Epic de wilaya, «Oran Vert» et «Oran Propreté». Des travaux et des prestations concernant des missions fondamentales relevant exclusivement des attributions des municipalités.
Par S.Benali