La solidarité des oppresseurs
Il n’échappe généralement pas aux missions des ONG dans les territoires sahraouis occupés par le Maroc de constater la brutalité de la police marocaine. Les militants des droits de l’homme sont en effet nombreux à rapporter à l’opinion internationale des scènes de répression qui se déroulent sous leurs yeux. Voir des policiers marocains passer à tabac des militants sahraouis des droits de l’homme, ce genre d’actes qui sont d’une extrême gravité aux yeux des défenseurs des droits de l’homme, passent pour banals dans les territoires occupés. Qu’en est-il donc dans le secret des bureaux d’interrogatoire ? On n’ose à peine y penser.
Dans bon nombre de pays, ce genre d’exactions devant témoins au-dessus de tout soupçon, ne peuvent avoir pas eu lieu pour la simple raison que des consignes auraient été données aux membres des services de sécurité. La seule explication plausible serait de soutenir le fait que l’autorité marocaine habilité n’estime pas que des passages à tabac soient une si grave atteinte aux droits de l’homme. Ceci expliquant cela, les policiers s’en fichaient des recommandations qu’ils sont censé recevoir et que, pour le coup, ils ne reçoivent pas de leur hiérarchie. Bref, pareil comportement relèverait logiquement de leurs attributions. Cela dit, et les militants des droits de l’homme sahraouis et européens le savent parfaitement, les services de sécurité sont tellement bien protégés par le Palais royal que ses éléments peuvent faire ce que bon leur semble, sans être inquiétés. Dans l’échelle de « faire ce que bon leur semble », un passage à tabac est au niveau zéro.
C’est cela le véritable visage de la colonisation marocaine au Sahara occidental : une brutalité quasi animale. Les nombreux rapport d’organisations de droit de l’homme promettent régulièrement d’être très sévères. A force, ces rapports pourraient ouvrir les yeux à certaines grandes puissances et à quelques « conseillers spéciaux » réputés parmi d’anciens chefs d’Etats très soucieux de la défense des droits de l’homme partout dans le monde.
Ce qui se raconte sur la répression des Sahraouis dans les territoires occupés n’est qu’une minuscule portion de la partie apparente de l’Iceberg. Il est grand temps que l’humanité sache qu’un drame à la limite de l’apartheid est entrain de se dérouler sous ses yeux, avec la complicité et la passivité de la France et des Etats Unis, principaux soutien du roi milliardaire. Il faut que cela cesse. Les nombreux témoignages d’hommes et de femmes de bonne volonté s’amoncellent dans les bureaux d’institutions internationales. Ils documentent la cruauté marocaine. Mais sauront-ils faire bouger les choses ? Rien n’est moins sûr. Et pour cause, les intérêts des uns et des autres feront obstacle à l’éclatement de la vérité. La thèse farfelue de l’autonomie défendue par des Etats anciennement colonisateurs fait ressortir un fait historique, celui d’une solidarité des oppresseurs.
Par Nabil.G