EDITO

Combattre le piège de la banalisation

Le piège est bien là. Les médias, notamment occidentaux, parlent déjà,au passé, des horreurs qui pourtant se poursuivent à Ghaza. Cela quand ils en parlent bien sûr. Car il y’a clairement une volonté d’évacuer ce dossier en tentant de donner l’impression que les choses se sont nettement améliorées dans l’enclave. Ce choix éditorial n’a rien de fortuit, il répond en vérité à une stratégie médiatique soigneusement mise en place par les nombreux portes parole de l’armée sioniste, qui sont devenus, et cela a été vérifié, les rédacteurs en chefs des médias occidentaux et notamment les chaînes d’info en continue.
On veut faire croire que le cessez-le-feu signé le 9 octobre dernier tient toujours, alors qu’en réalité il n’en est rien sur le terrain. Et pas uniquement à Ghaza, mais aussi en Cisjordanie où les soldes sionistes mènent des opérations meurtrières par air et terre où les armes lourdes et les obus pleuvent sur les villes et villages palestiniens. A Jénine et ailleurs, la terreur est le lot quotidien des familles palestiniennes. Les dernières images montrant des soldats exécutés à bout portant et de sang froid deux jeunes palestiniens, démontrent le sentiment d’impunité d’une armée immorale qui traitent des êtres humains comme des sous humains dont la vie ne vaut pas grand chose.
Une impunité accordée par les responsables d’un État terroriste, qui lui aussi, jouit d’une impunité totale de la part des grands de ce monde, qui lui trouvent toujours des alibis pour expliquer leur partialité inacceptable.
Et c’est pour cela, et pour d’autres exactions encore plus insoutenables que les médias occidentaux, qui oublient toutes leurs leçons sur le professionnalisme et l’objectivité, tentent de faire basculer le drame palestinien dans la banalisation, couvrant ainsi l’un des génocides le plus barbare qu’a eu à connaître l’humanité dans les deux derniers siècles.
Un piège machiavélique tissé par la puissance sioniste qui dirige de fait les médias et les institutions financières au monde. Et ceci met les médias arabes devant leur responsabilité historique, comme l’a rappelé le ministre palestinien de l’information Ahmed Assaf, qui a invité les médias arabes à continuer de couvrir l’actualité palestinienne, qui est a-t-il dit le théâtre d’une agression massive de la part des forces d’occupation sionistes depuis plus de deux ans, indiquant que « la question palestinienne connait un tournant dangereux, compte tenu de la politique de l’entité sioniste qui s’efforce de consolider l’occupation, d’annexer et de voler les terres palestiniennes et de poursuivre des politiques de meurtre, de colonisation, de déplacement de Palestiniens et de démolition de maisons, en particulier à El Qods occupée », demandant à intensifier les efforts efforts pour documenter et dénoncer les crimes de l’occupation contre les médias et le peuple palestiniens.

Par Abdelmadjid Blidi

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