EDITO

«2026, ici gît le droit international»

Le droit international a vécu. Ceux qui en avaient encore un doute ont été édifiés ce samedi avec l’attaque américaine sur le Venezuela. Trump, égal à lui-même et à ses méthodes, a capturé et kidnappé le président d’un État souverain sans se référer ni à l’Onu, ni même au Congrès de son propre pays. L’argument massu présenté par le président américain pour justifier cette entorse à tous les droits, était de présenter le chef d’État Vénézuélien comme un narcotrafiquant qui menaçait les Etats Unis d’Amérique.
L’opération menée par les forces spéciales américaines a duré moins de deux heures. S’ensuit toute une opération d’humiliation du président Nicolas Maduro photographié menotté et les yeux bandés. Sa descente d’avion dans un aéroport de New-York a été tout aussi humiliante, avec le visage couvert par un drap et la démarche hésitante sur les marches, à sa descente d’avion, entouré par des officiers de la DEA (l’agence fédérale américaine de lutte contre le trafic de drogues). Tout était fait et scénarisé pour présenter Maduro, non comme le président d’un État souverain, mais comme un vulgaire voyou qui devait répondre de ses actes devant la justice américaine.
Le président américain a profité du moment pour lancer un message plein de menaces à tous les leaders du monde, déclarant que personne, aucun pays, aucun dirigeant n’est à l’abri. Trump a clairement laissé entendre que désormais ce sont les Américains qui vont diriger le Venezuela, avant de révéler la vraie raison de son opération spectaculaire, qui n’est en fait que de mettre main basse sur le pétrole de ce pays qui possède les plus grandes réserves de l’or noir au monde. « Nous allons investir des milliards de dollars au Venezuela et tirer une extrême richesse du sol vénézuélien. » La messe est dite, et Trump impose ainsi un nouvel ordre mondial où le droit international est totalement piétiné.
Les timides réactions dans le monde, après ce coup de force inédit, renseigne sur la dimension prise par la puissance de l’Amérique de Trump, qui vient par ce fait d’ouvrir la porte à tous les dépassements possibles et imaginables. Désormais c’est la loi du plus fort qui sera le seul critère dans la gestion et la conduite des relations internationales. Un précédent qui ouvre la porte à toutes les dérives. Trump a définitivement enterré le droit international et inscrit sur sa tombe l’épitaphe “ Ici gît le droit international”.

Par Abdelmadjid Blidi

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