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Le pétrole gagne plus de 4 dollars en une journée : les prix du Brent reprennent des couleurs

Ainsi, après une année 2025 marquée par des fluctuations prononcées, les cours du Brent et du WTI ont rebondi de manière soutenue début 2026, les opérateurs évaluant à la fois les risques régionaux et les perspectives d’offres alternatives.

Les prix du pétrole ont continué leur envol hier, portés par de fortes inquiétudes sur l’offre et par des tensions géopolitiques persistantes à l’échelle mondiale. En ouverture, le Brent a bondi de 1,06 dollar, soit 1,7 %, pour atteindre 64,93 dollars le baril, un sommet rappelant le niveau de la mi-novembre. Le WTI américain grimpe aussi, de 1,02 dollar (1,7 %) à 60,52 dollars le baril. Les analystes estiment que le marché a désormais intégré l’ensemble des facteurs géopolitiques qui pèsent sur la disponibilité du pétrole, alors que la demande ne cesse d’augmenter en plein cœur de l’hiver. Dans le courant de la journée, les cours ont progressé légèrement, mais les experts évoquent déjà un possible impact haussier, en raison notamment de l’attitude américaine vis à vis du pétrole vénézuélien. Washington interdirait sa vente à la Chine, selon certaines rumeurs persistance. Un état de fait qui soutirerait près d’un million de baril par jour d’un marché qui a enregistré la semaine dernière une baisse des réserves américaines. Cette équation débouche immanquablement sur des tensions pressenties par les investisseurs qui n’avaient pas pris peur au plus fort du conflit israélo-iranien en octobre de l’année dernière.
Ainsi, après une année 2025 marquée par des fluctuations prononcées, les cours du Brent et du WTI ont rebondi de manière soutenue début 2026, les opérateurs évaluant à la fois les risques régionaux et les perspectives d’offres alternatives. Oscillant autour des 65 dollars le baril, la Brent, pétrole de référence pour le brut algérien, a connu dans la journée d’hier, des séances marquées par des hausses modestes mais régulières. A la bourse de New York, le WTI se situe proche des 60 dollars. Les analystes soulignent une influence géopolitique de quelque 3 à 4 dollars le baril.

Cette progression à la hausse tiendrait aussi de la frilosité de compagnies majors US qui, disent les analystes, ne voient pas l’intérêt du pétrole vénézuélien du même angle que l’administration Trump. Les pétroliers craignent un investissement non rentable à moins de 70 dollars le baril. Compte tenu des prix actuels, il serait hasardeux d’investir au Venezuela, d’autant que la capture de Maduro n’offre, pour l’heure, aucune garantie d’exploitation du pétrole vénézuélien.
En Iran, les menaces de Téhéran à l’endroit des Etats-Unis en réponse aux provocations de Donald Trump ajoutent à la tension perspective et la crainte d’une escalade refroidit les ardeurs des investisseurs, bien qu’en l’état, le calme semble dominer sur le marché.
Il faut souligner, au regard de ce qui se déroule dans le monde, que, contrairement à ce qui a été constaté à la fin de l’année dernière, le marché énergétique demeure tributaire des tensions géopolitiques. Ce qui donne au pays producteurs, dont l’Algérie, matière à espérer une hausse significative susceptible d’éponger les pertes occasionnées par les baisses successives de ces derniers mois.
L’Algérie qui a bâti sa loi de finance 2026 sur un prix référence de 60 dollars le baril, maintient son économie au-dessus de la ligne de flottaison. Elle bénéficie automatiquement de cette petite hausse, susceptible de maintenir à des niveaux acceptable ses réserves de changes et le Fonds de régulation des recettes. Engagé dans une processus historique de diversification économique, le pays a encore néanmoins besoin d’un prix du pétrole assez élevé pour lui permettre une transition tranquille. Cette embellie, même modeste, est toujours bonne à prendre pour une économie qui aspire à l’émergence, sans passer par la case dette extérieure.

Yahia Bourit

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